Bruxelles, 17/05/2006 (Agence Europe) - Le Premier ministre luxembourgeois, Jean-Claude Juncker, qui recevra la semaine prochaine à Aix-la-Chapelle le « Prix Charlemagne » 2006, propose une « pause » jusqu'en 2009, voire 2010, sur les questions litigieuses entourant l'avenir de l'UE et de sa Constitution. « Il ne sera pas possible d'entreprendre quelque chose avant. Même cette date est optimiste. La pause que nous avons décrétée en juin dernier et qui se termine en juin prochain, doit se poursuivre. Pendant ce temps, nous devons nous employer à faire connaître les réalisations de l'Union européenne », a déclaré M. Juncker à la Süddeutsche Zeitung du 17 mai. M. Juncker se dit sceptique sur les chances de la Présidence allemande (au premier semestre 2007) de relancer la Constitution européenne. « La chancelière allemande est certes pro-européenne, mais avec quel chef de gouvernement, et de quel pays, peut-elle tirer la Constitution européenne de ce mauvais pas? », se demande le Premier ministre luxembourgeois. « Peut-être que l'Union européenne a besoin de nouveaux objectifs », allant au-delà du Traité constitutionnel pour mobilier à nouveaux ses citoyens, « par exemple une armée européenne », lance-t-il. M. Juncker rejette aussi la proposition du Premier ministre belge Guy Verhofstadt, qui, dans son livre « Les Etats-Unis d'Europe », plaide pour la création d'un « groupe de pionniers » composé des pays membres les plus intégrationnistes (voir EUROPE n° 9128). Selon M. Verhofstadt, un tel « noyau dur » devrait prendre l'initiative d'avancer dans l'intégration européenne dans tous les domaines où il n'y a pas encore de consensus dans l'Europe à 25 pour le faire, tout en restant ouvert aux pays membres qui souhaiteraient s'y joindre plus tard. « Je ne peux pas suivre » cette idée, affirme Jean-Claude Juncker. « Tout ce que nous faisons en Europe, nous devrions le faire ensemble, avec tous les Etats membres. C'est seulement si une telle tentative échouait (…) que nous devrions penser à un noyau dur européen ».