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Bulletin Quotidien Europe N° 9158
JOURNEE POLITIQUE / (eu) ue/conseil europeen/protectionnisme

Faute de soutien, l'Italie renonce à sa déclaration sur le protectionnisme

Bruxelles, 23/03/2006 (Agence Europe) - La défection de plusieurs Etats membres que Rome espérait compter parmi les co-signataires d'une lettre dénonçant le nationalisme économique de certains pays, a finalement eu raison de l'initiative envisagée par le ministre italien de l'Economie et des Finances Giulio Tremonti (EUROPE n° 9157). Si certains de ses homologues européens souscrivent au contenu du message, tous ont jugé peu opportun de monter au créneau lors du Conseil européen et de soutenir une démarche qu'ils considèrent largement fondée sur des considérations de politique interne à l'approche des élections législatives en Italie (9 et 10 avril).

Suite à un entretien avec le Président en exercice du Conseil Ecofin, Karl-Heinz Grasser, M. Tremonti a fait marche arrière et a décidé de remettre à plus tard sa charge contre les résurgences du protectionnisme en Europe, indique un diplomate italien. Selon lui, le thème sera néanmoins abordé lors du Conseil Ecofin informel des 7 et 8 avril à Vienne, ce que la Présidence autrichienne a pourtant refusé de confirmer jeudi. « Il n'y a pas à ce stade de changement à l'ordre du jour de la réunion informelle de l'Ecofin », sur lequel ce sujet ne figure pas, a indiqué le porte-parole de M. Grasser.

Même si le sens du rappel à l'ordre souhaité par l'Italie pouvait correspondre à ses orientations, le Royaume-Uni, traditionnel pourfendeur du protectionnisme, n'avait pas non plus manifesté une intention ferme d'appuyer Rome. « L'une des réactions possibles à la mondialisation redoutée serait de relever le pont-levis et de s'enfermer », rappelle le ministre britannique aux Affaires européennes Douglas Alexander, dans une tribune publiée jeudi dans le quotidien français Le Figaro. Selon lui, une telle réaction « serait bien mal inspirée, car on ne peut pas réussir dans une économie mondialisée en se repliant sur soi-même ». « Le Conseil européen de printemps se réunit aujourd'hui et demain avec un ordre du jour qui, s'il est mis en oeuvre convenablement, apportera à long terme à nos concitoyens des emplois plus nombreux et de meilleure qualité », estime aussi M. Alexander. Et de juger: il s'agit d'aller « dans la bonne direction politique et économique, et de nous opposer aux comportements protectionnistes et anxieux ».

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