Bruxelles, 23/03/2006 (Agence Europe) - Quelques heures avant l'ouverture du Sommet de printemps, le président en exercice du Conseil européen, le chancelier autrichien Wolfgang Schüssel, s'est dit jeudi après-midi « plutôt confiant » que les conclusions finales que les chefs d'Etat et de gouvernement doivent adopter ce vendredi contiendront des objectifs chiffrés pour la mise en œuvre de la plupart des « actions prioritaires » qui seront retenues pour la relance de la stratégie de Lisbonne révisée. « Je suis dans un esprit combatif pour faire inclure davantage d'ambition dans le texte des conclusions. L'ambiance est bonne. J'ai parlé avec tous les chefs de gouvernement qui sont tous intéressés à apporter quelque chose. Certains détails sont peut-être contestés (…) mais je suis plutôt optimiste », a dit M. Schüssel devant la presse à l'issue du Sommet social avec les représentants des syndicats et des employeurs (voir autre nouvelle). « Certains objectifs que nous nous sommes fixés ne sont pas contestés: nous voulons atteindre au cours des prochaines années une croissance de l'emploi d'environ 1% par an, ce qui veut dire que nous aurions créé 10 millions d'emplois nouveaux d'ici 2010 », a expliqué M. Schüssel. L'instrument le plus important pour atteindre cet objectif est l'engagement des Etats membres de consacrer au moins 3% de leur PIB à la recherche et au développement, a-t-il précisé.
Sur la question des objectifs chiffrés, la Présidence autrichienne a reçu jeudi une nouvelle fois le soutien de la Commission européenne. « J'espère que le Sommet produira des résultats clairs et mesurables », a déclaré Günter Verheugen, Commissaire en charge de la politique industrielle. Le président José Manuel Barroso a également réitéré jeudi après-midi devant la presse sa demande que le Sommet de printemps aboutisse à des « actions concrètes ».
A propos de la directive « services », M. Schüssel a espéré que les Vingt-cinq pourront trouver une « ligne commune » sur le passage de texte à inclure dans les conclusions du Sommet. « Je sais que l'un ou l'autre n'est pas satisfait à 100%, mais je pense qu'après notre discussion, tout le monde sera prêt à continuer à travailler sur la base de la position (en première lecture) du Parlement européen. Ce serait un grand pas en avant », a-t-il estimé.
En revanche, les Premiers ministres appartenant au Parti européen des Libéraux, Démocrates et Réformateurs (ELDR) - le Belge Guy Verhofstadt, le Danois Anders Fogh Rasmussen, l'Estonien Andrus Ansip et le Finlandais Matti Vanhanen - ont affiché leur scepticisme à propos du souhait de la Présidence autrichienne d'inclure des nouveaux objectifs chiffrés dans les conclusions sur la stratégie de Lisbonne. « Nous soutenons l'idée d'avoir des objectifs concrets et ambitieux dans les différents domaines. C'est essentiel pour la mise en œuvre de la stratégie de Lisbonne. Mais le plus important est d'atteindre les objectifs qui existent déjà. Au lieu de fixer de nouveaux objectifs, nous devrions d'abord réaliser ceux que nous avons déjà décidés », a dit Anders Fogh Rasmussen jeudi après-midi à la presse, à l'issue d'une réunion « pré-Sommet européen » des Premiers ministres et leaders libéraux à Bruxelles. Les Premiers ministres libéraux ont aussi l'intention de délivrer un message « anti-protectionnisme » au Sommet européen. « Nous voulons plus de concurrence sur les marchés, y compris énergétiques. C'est le meilleur moyen de réduire les prix pour les consommateurs », a dit Guy Verhofstadt. Ce qui compte, pour les libéraux, c'est le consommateur, qui doit bénéficier de la concurrence accrue sur les marchés énergétiques, et pas la question de savoir « à qui appartiennent les entreprises ». A propos de l'initiative italienne finalement avortée sur le protectionnisme (voir autre nouvelle), M. Verhofstadt a estimé que « ceux qui écrivent de telles lettres doivent être d'abord eux-mêmes contre le protectionnisme ».
En marge de la réunion « pré-Sommet européen » des Premiers ministres et dirigeants du Parti Populaire Européen (PPE), la chancelière allemande Angela Merkel (qui devait, jeudi soir, introduire le débat du Sommet sur l'énergie) a appelé à « ne pas penser uniquement en termes nationaux » en matière d'énergie, et à « se mettre d'accord sur des champions européens ». « Le marché intérieur ne peut fonctionner que si l'électricité peut circuler librement et si on peut se mettre d'accord sur des champions européens et ne pas penser uniquement en termes nationaux (…). Sinon, le marché intérieur n'aurait aucun sens », a-t-elle affirmé.
Echange de vues au Conseil européen sur l'offre de cessez-le-feu de l'ETA
M. Schüssel a aussi annoncé jeudi à la presse que le Conseil européen devait avoir jeudi soir un échange de vues avec le Premier ministre espagnol José Luis Rodriguez Zapatero sur l'offre de cessez-le-feu de l'ETA annoncée mercredi (voir EUROPE n° 9157 au sujet du bref débat au Parlement européen). « Nous allons évidemment en discuter ce soir avec le Premier ministre espagnol qui devrait informer ses collègues de l'état de la situation, a dit M. Schüssel, en ajoutant: « En principe, cette offre crée une situation positive dont nous devrions tous nous féliciter », a dit M. Schüssel, même s'il a souligné qu'il n'était « pas encore mandaté pour parler au nom de l'Union européenne ».