Bruxelles, 23/03/2006 (Agence Europe) - Lors du bref débat de mercredi après-midi en plénière sur la stratégie politique annuelle de la Commission pour 2007, « Renforcer la confiance par l'action », le Président Barroso a été interrogé par plusieurs députés sur les moyens nécessaires pour répondre à ses ambitions, et il a été amené à se prononcer sur la négociation en cours au sujet des perspectives financières 2007-2013 (voir EUROPE n° 9157 sur le trilogue de mardi soir). Les résultats du dernier trilogue ont été « largement positifs », et l'accord interinstitutionnel est presque complet, avec une nouvelle deuxième partie sur la « saine gestion économique », a noté José Manuel Barroso, en saluant les progrès faits sur la clause de révision de la structure du budget, le règlement financier et la certification par les Etats membres de l'utilisation des fonds communautaires. Avec la Présidence autrichienne, j'ai toujours plaidé pour que le Conseil accepte une augmentation du chiffre global pour 2007-2013, et la Commission appuie un accord le plus ambitieux possible, a-t-il assuré, tout en disant aux députés: mais il faudra voir jusqu'où le Conseil sera prêt à aller, et je vous demande de vous montrer prêts au compromis. Selon lui, « la lumière est au bout du tunnel », et il s'agit maintenant de trouver le « bon mix » entre flexibilité et « plafonds globaux ».
Quelques députés ont interrogé M. Barroso sur le sort de la Constitution européenne. Pourra-t-elle être adoptée en 2007 ?, a voulu savoir Bronislaw Geremek (ALDE, polonais), alors qu'Alexander Stubb (PPE-DE, finlandais) a affirmé: c'est une bonne constitution, et nous devons « la garder en vie » jusqu'au printemps 2007. D'ici le Conseil européen de juin prochain, la Commission présentera ses idées, et même « si le traité constitutionnel est intergouvernemental, la Commission pourra assumer ses responsabilités et apporter sa contribution », a répliqué M. Barroso. Note discordante chez Jeffrey Titford (Ind/Dem, britannique) qui, en rappelant « 1984 » de George Orwell, s'est exclamé: on s'est trompé de date, ce qu'Orwell annonçait « est au coin de la rue, avec des contrôles, contrôles, contrôles » et « un cauchemar bureaucratique » que les citoyens rejettent. Le conservateur britannique John Bowis est, au contraire, résolument constructif, et exhorte l'Europe à s'inspirer de Dumas et de ses mousquetaires: « Tous pour un, un pour tous ! ».
Dans son intervention, M. Barroso a rappelé: 2007 correspond à la moitié du mandat de cette Commission et, avec le 50ème anniversaire du Traité de Rome, 2007 offre également la possibilité de faire le point sur les prochaines étapes de l'intégration. Si les conditions sont réunies, il y aura 27 places autour de la table lorsque la Bulgarie et la Roumanie adhéreront à l'Union européenne, a-t-il ajouté. Un accord sur les perspectives financières 2007-2013 permettra de lancer de nouveaux programmes de financement, et la Commission travaillera intensément à la préparation de la vaste réforme du budget de l'Union, qui aboutira à la publication d'un Livre blanc en 2008-2009, a rappelé M. Barroso. Quant aux principaux objectifs pour l'année prochaine, il a indiqué qu'il s'agira essentiellement de: - faire progresser la mise en œuvre de la stratégie de Lisbonne renouvelée pour la croissance et l'emploi, y compris les étapes clés permettant de concrétiser une nouvelle politique énergétique européenne ; - démontrer que la cohésion, la solidarité et la protection de l'environnement vont de pair avec l'objectif de croissance et d'emploi, et à promouvoir l'égalité des chances ; - supprimer les contrôles aux frontières intérieures pour les nouveaux États membres, ainsi qu'entre ces derniers, et à étendre la zone Schengen ; - intensifier les efforts de prévention afin d'assurer la sécurité et la protection des citoyens ; - assurer les manifestations concrètes d'une cohérence politique accrue et l'amélioration de l'efficacité de l'aide (…) extérieure de l'Union, qui seront essentielles à la réalisation de ces objectifs ».