Bruxelles, 23/03/2006 (Agence Europe) - Les partenaires sociaux nationaux doivent être davantage associés à la stratégie de l'UE pour l'amélioration de la croissance et de l'emploi: telle est la principale conclusion des travaux du Sommet Social tripartite qui s'est tenu le 23 mars à Bruxelles (voir EUROPE n° 9156). « Le trilogue de ce matin a été extrêmement intéressant » du fait de la participation des partenaires sociaux qui « sont une partie très importante de la vie européenne. Nous avons besoin de cette force vive pour la création de l'emploi », a déclaré lors de la conférence de presse finale le Président du Conseil européen, Wolfgang Schüssel. Félicitant le chancelier autrichien « pour son engagement envers le dialogue social », le Président de la Commission, José Manuel Barroso, a constaté l'existence de « sensibilités différentes » entre les participants au Sommet Social sur certaines questions, mais aussi « un consensus clair entre eux sur le fait qu'il faut promouvoir la croissance et l'emploi ». « Il est clair que les partenaires sociaux soutiennent la stratégie pour la croissance et l'emploi, mais nous devons mieux les associer au niveau national et les amener ainsi à s'approprier davantage la stratégie. Je suis convaincu qu cela sera possible », a commenté M. Barroso.
« Ceci est le début d'une tradition fructueuse et d'une atmosphère très productive », a enchaîné le Secrétaire général adjoint de la CES (syndicats européens), Reiner Hoffmann, pour qui il est important de « comprendre les différences et d'identifier les points communs ». M. Hoffmann a critiqué le fait que les syndicats n'ont presque pas été consultés dans la préparation des programmes nationaux de réforme (PRN), et a estimé que, « pour avancer, il faut des réformes structurelles et un environnement macro-économique favorable ». Le Secrétaire général de l'Unice (patronat européen), Philippe de Buck, a rappelé quant à lui l'engagement de son organisation à l'égard du dialogue social. « Nous comptons sur les chefs d'Etat et de gouvernement pour qu'ils mettent en œuvre les programmes de réformes nationaux (PRN), des programmes pour lesquels il faudra un mécanisme de contrôle efficace », a affirmé M. de Buck. Le Président du CEEP (entreprises publiques et d'intérêt général), Caspar Einem, s'est félicité de ce que « le dialogue social ait été approfondi », car « ceci rétablira la confiance des citoyens en l'Europe ». Le Président de l'UEAPME (artisanat et PME), Paul Reckinger, a estimé pour sa part que « le trilogue de ce matin va droit dans le sens de l'emploi et de la croissance ». La ministre autrichienne de la Sécurité sociale (qui s'exprimait en tant que présidente du Conseil Social de l'UE), Ursula Haubner, a noté que « ce dialogue est essentiel pour rétablir la confiance des citoyens à l'égard de l'Europe » et jugé « souhaitable que le Sommet européen s'exprime sur la lutte contre la pauvreté - surtout des enfants - et l'exclusion sociale, sur l'égalité des chances, et sur la participation des jeunes à l'Europe ». Et de conclure: « Aujourd'hui, il y a accord de tous les participants sur le nouveau partenariat pour la croissance et l'emploi ».
L'emploi des jeunes est au cœur de la stratégie de Lisbonne, mais en France, la proposition sur le contrat pour le premier emploi (CPE) a été faite sans dialogue social, a noté un journaliste. Le Chancelier Schüssel a répliqué: « Il faut une stratégie commune, il faut savoir comment combiner changement, stabilité et sécurité.
L'échange de vues des chefs d'Etat et de gouvernement qui s'est ensuite déroulé avec les Présidents de l'Unice Ernest-Antoine Seillière, de la CES Candido Mendez et de la BCE Jean-Claude Trichet (« afin d'enrichir le débat du Sommet de printemps », comme l'a noté M. Schüssel) a suscité une réaction assez vive de la part du Secrétaire général de l'UEAPME, Hans-Werner Müller, dont l'organisation n'était pas conviée à cette rencontre (qui constitue une première). « M. Schüssel parle des PME comme un point fort des travaux du Sommet et M. Barroso déclare qu'il faut dérouler le tapis rouge pour les PME. Or, pour la première fois, les partenaires sociaux se sont exprimés devant les 25 dirigeants européens, mais sans les représentants des PME. Il s'agit là d'un signal négatif à ne pas ignorer ! », s'est exclamé M. Müller. Une lettre officielle sera envoyée à ce propos au Chancelier Schüssel, a-t-il averti. « Le dialogue social européen peut être couronné de succès seulement si tous les acteurs concernés sont réunis autour d'une table. Les employeurs ne sont pas suffisamment représentés par l'UNICE », a estimé pour sa part le Secrétaire général du CEEP (qui n'était pas convié non plus à la rencontre de jeudi soir) Rainer Plassmann. « Les partenaires sociaux doivent être traités avec suffisamment de respect pour leur représentativité et leur autonomie, tant par la Présidence du Conseil que par les autres partenaires », dit-il dans un communiqué.