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Bulletin Quotidien Europe N° 9151
INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/eurogroupe

L'Eurogroupe reste sobre sur la récente hausse des taux, mais engage un débat sur l'application des règles du marché intérieur - Relance de la procédure du Pacte contre Berlin et statu quo pour Rome

Bruxelles, 14/03/2006 (Agence Europe) - Les ministres des Finances de la zone euro ont eu lundi soir un premier débat sur les fusions d'entreprises qui agitent les marchés et provoquent les réactions de plusieurs gouvernements. Disant tout le bien qu'ils pensaient de la croissance, leurs commentaires sur les taux d'intérêt sont restés très sobres. « L'Eurogroupe partage les prévisions économiques de la Commission (1,9% en 2006, NDLR) et de la Banque centrale européenne (BCE) » et « nous estimons toujours que la croissance est en train de s'affermir », a déclaré à la presse Jean-Claude Juncker, à l'issue de la réunion qu'il présidait. « La décision de la BCE du 2 mars est de nature à nous conforter dans notre analyse » (EUROPE n° 9143), a simplement commenté le Premier ministre et ministre des Finances luxembourgeois.

Toutefois, comme le notait la BCE, le risque de surchauffe immobilière est à suivre de près. « Si l'évolution du secteur ne présente pas un risque pour l'ensemble de la zone euro, il y a dans certains Etats membres une situation qui mérite d'être surveillée de façon plus approfondie que par le passé », a jugé le Commissaire aux affaires économiques et monétaires, Joaquin Almunia. A ce stade, « nous n'avons pas isolé de cas spécifique, puisque même dans les pays où le rythme s'accélère, nous n'arrivons pas à déceler de risques », a ensuite modéré Jean-Claude Juncker. Si le ministre autrichien des Finances, Karl-Heinz Grasser, avait demandé qu'on arrête de se plaindre du travail de la BCE (EUROPE n° 9150), les syndicats européens ont pour leur part souhaité que les ministres des Douze et la BCE s'accordent pour mettre un terme au « cycle de folie » qui guide la politique budgétaire et monétaire en Europe. En augmentant les taxes indirectes et les prix administrés, les Etats membres alimentent la hausse continue de l'inflation, donnant à la BCE « un alibi » pour augmenter les taux, ce qui pèse sur la croissance et les déficits, jugent les syndicats européens dans un communiqué.

Après avoir achevé l'examen des programmes de stabilité des douze membres de la zone euro,
M. Juncker a pour sa part constaté « une volonté réaffirmée des gouvernements de se comporter en conformité avec le Pacte de stabilité et de croissance (PSC) ». Le bilan du volet préventif du Pacte est aussi positif pour Joaquin Almunia, qui observe que les Etats membres ont présenté des prévisions actualisées plus réalistes, des délais d'ajustement et des objectifs à moyen terme généralement en accord aves les exigences. Et le Commissaire de considérer que « si les intentions sont menées en pratique, la consolidation des finances publiques va beaucoup avancer dans les prochaines années ».

Abordant la situation des finances publiques en Allemagne et en Italie, l'Eurogroupe s'est prononcé dans le droit fil de l'analyse effectuée par la Commission (EUROPE n° 9142). Les ministres des Douze ont décidé de « renforcer la procédure » en passant à l'article 104§9, qui met Berlin en demeure de corriger son déficit d'ici la fin 2007 au plus tard. « Nous sommes tous d'avis que la stratégie allemande en matière de finances publiques est la bonne stratégie et sommes convaincus que l'Allemagne réduira son déficit en 2007 ». La gestion du cas allemand est de nature à démontrer que « le PSC réformé et amendé garde toute sa valeur et toute sa force », selon M. Juncker, et représente un « pas important » pour la crédibilité de l'instrument de surveillance budgétaire, a abondé M. Almunia. Comme la Commission l'avait estimé, l'Eurogroupe s'est aussi montré satisfait des mesures contenues dans le budget italien pour 2006. La situation actuelle n'appelle pas de nouvelle étape de la procédure, mais il convient de surveiller la façon dont les mesures seront appliquées, a rappelé le Commissaire Almunia, en observant que « certains risques » existaient en cette année électorale.

« Nous avons longuement débattu de l'application des règles du marché intérieur », a répondu M.Juncker aux journalistes désireux de connaître son appréciation sur les fusions qui agitent le secteur bancaire et énergétique et sur les réactions de certains gouvernements. Un débat « sage, vif et vertueux » pour le Président de l'Eurogroupe, mais lancé sans aborder de cas particulier, a insisté M. Almunia, qui s'inquiète d'une « augmentation des tendances protectionnistes » et de ses effets sur la confiance des agents économiques. Il ne faut quoi qu'il en soit « pas confondre tous les dossiers », a renchéri le Premier ministre luxembourgeois, qui souligne la légitimité des hommes politiques à poser des questions aux investisseurs. M. Juncker souhaite ainsi examiner « les concepts industriels qui sous-tendent les plans et les projets des uns et des autres » et rappelle qu'il convient de tenir compte de la perception des citoyens européens. S'il y a un lien entre le respect des règles du marché intérieur et la confiance des acteurs, « nous ne devons pas croire que nos compatriotes se tourneront vers l'Europe lorsqu'ils ont le sentiment d'être menacés par des projets qu'ils ne comprennent pas toujours ». Souvent « les peuples d'Europe, épris de sécurité, font plus confiance à l'Etat national et à ses règles plutôt qu'à l'Europe », a-t-il lancé.

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