Bruxelles, 14/03/2006 (Agence Europe) - La BEI, Banque européenne d'investissement, exprime sa satisfaction en tirant le bilan de son activité dans la zone EuroMed pour l'année 2005 et estime qu'elle a pu y réaliser l'essentiel du programme fixé fin 2004 et elle fait de 2006 une année « cruciale pour le devenir du partenariat euroméditerranéen. Ces appréciations sont étayées par le constat qu'elle a maintenu et même légèrement accru le rythme de ses interventions dans la zone par le biais de la FEMIP (Facilité euroméditerranéenne pour l'investissement et le partenariat) dont la gestion lui est confiée. Elle indique que 2,2 milliards euros ont été prêtés en 2005 contre 2,19 milliards en 2004. 51% de ces prêts ont été engagés dans des opérations de soutien au secteur privé qui est la priorité fixée à l'action de la BEI. Cette action a été, pour l'essentiel (35%), réalisée avec le secteur bancaire local. Le vice-président de la Banque, Philippe de Fontaine Vive, a souligné que l'exercice a été également marqué par la conclusion, pour la première fois, de prêts à des banques locales (au Maroc, en Jordanie et au Liban) sans la garantie des Etats, comme elle le fait en Europe même. Par ailleurs, la BEI a consacré en 2005 les ressources de la FEMIP au soutien d'investissements en infrastructures de base dans les secteurs de l'énergie (Égypte, Gaza-Cisjordanie, Syrie), de l'environnement (Turquie, Liban, Maroc), ainsi que des transports et communications (Syrie, Liban, Maroc, Turquie). 2005 aura également vu la reprise des financements à Gaza et en Cisjordanie, avec deux opérations améliorant concrètement les conditions de vie des Palestiniens par la distribution d'électricité et l'institution d'un fonds de garantie en faveur des PME. Elle a aussi, par ce biais, renforcé son activité d'assistance technique: 33 opérations, totalisant près de 25 millions euros, ont facilité la mise en œuvre de projets d'investissements ou soutenu la réalisation d'études, contribuant ainsi à l'appui aux réformes institutionnelles et à la définition de stratégies de développement sectorielles au Sud et à l'Est de la Méditerranée. Pour M. de Fontaine Vive, ce bilan, qui consacre le rôle de la BEI dans la région (où elle vient d'ouvrir sa troisième représentation à Rabat, après Le Caire et Tunis) confirme le rôle de la FEMIP qui est en fait une « banque de développement de l'EuroMéditerranée ». Mais il réitère l'avis que la création d'une institution autonome n'est pas à l'ordre du jour. La FEMIP restera gérée par la BEI et son rôle devrait être, espère-t-il, consolidé par les ministres des Finances et de l'Economie dont la prochaine session, annuelle, aura lieu les 25 et 26 juin à Tunis.
Les ministres se verront remettre à cette occasion une étude qui propose l'encadrement bancaire des flux financiers résultant des transferts opérés par les migrants méditerranéens résidant en Europe vers leurs pays d'origine. Ils s'élèvent, selon l'étude, à quelque 7 milliards euros par an en transferts « officiels » et presque autant en « informels ». C'est un total de près de 13,6 milliards euros qui sont envoyés dans les pays d'origine, à comparer aux US$ 6,4 milliards d'investissements directs étrangers ou US$ 4,3 milliards d'aide publique au développement. La BEI énonce une série de pistes pour « bancariser » ces flux sur base d'une plus grande collaboration avec les banques locales. (EUROPE reviendra plus en détail sur les éléments de cette étude). Enfin, la BEI et FEMISE, réseau des instituts d'études et de prévision économique de l'espace euroméditerranéen, ont signé ce lundi un accord de partenariat