Bruxelles, 01/02/2006 (Agence Europe) - La Commission européenne est prête à entamer des consultations avec Kiev pour négocier un accord plus ambitieux que l'actuel Accord de Partenariat et de Coopération (qui expire fin 2007), mais seulement après que l'Ukraine aura mis en œuvre les principaux éléments du plan d'action signé avec l'UE sur la mise en œuvre de la politique européenne de voisinage, a dit mercredi à la presse la Commissaire aux relations extérieures, Benita Ferrero-Waldner, à l'issue d'un entretien avec le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Boris Tarasjuk. Le ministre avait demandé mardi devant la commission des Affaires étrangères du PE un accord d'Association et de partenariat et une zone de libre-échange avec l'UE. « En principe, rien ne s'oppose à ce que des consultations sur un accord amélioré (…) commencent déjà cette année », à condition cependant que les « principales priorités » du plan d'action pour la politique de voisinage aient été réalisées de manière satisfaisante, a précisé Mme Ferrero-Waldner. Interrogée sur les ambitions européennes de l'Ukraine (M. Tarasyuk a dit aux députés européens que l'objectif de son pays est d'adhésion à l'UE d'ici 2015), Mme Ferrero-Waldner s'est limitée à dire que « la politique de voisinage de l'UE ne mène pas à l'adhésion », tout en soulignant que cela ne préjugeait par la position que l'UE pourrait prendre à l'avenir.
Entre-temps, les négociations entre l'UE et l'Ukraine sur la facilitation des procédures d'octroi des visas progressent bien et M.Tarasyuk s'est dit confiant que la prochaine réunion de négociation, fin février/début mars, puisse déjà aboutir. Les deux côtés sont d'accord pour dire que l'objectif final du processus de facilitation doit être la suppression complète de l'obligation de visa, a dit M. Tarasyuk. Mme Ferrero-Waldner a aussi demandé aux autorités ukrainiennes de garantir que les élections du 26 mars seront « démocratiques, libres et équitables ».
Mercredi matin, devant la Délégation du PE pour les relations avec l'Ukraine, le chef de l'opposition ukrainienne, l'ancienne Premier ministre Yulia Timoshenko, a vigoureusement critiqué l'accord sur les fournitures de gaz russe conclu par son pays début janvier. C'est un accord « inéquitable et humiliant » pour l'Ukraine, négocié par des fonctionnaires et des bureaucrates ukrainiens qui ont « manqué de professionnalisme », a-t-elle estimé devant la presse, en ajoutant: si je reviens au pouvoir après les élections, je voudrais traiter avec la Russie « sur un pied d'égalité ».