Bruxelles, 01/02/2006 (Agence Europe) - « Il est temps d'avoir une consultation publique sur la façon dont nous communiquons ; telle est l'idée du Livre blanc », a déclaré Margot Wallström, en présentant le 1er février à la presse le Livre blanc de la Commission sur une politique de communication européenne (voir EUROPE n° 9121). Nous proposons ici, a dit la Commissaire en charge des relations institutionnelles et de la stratégie d'information, « une politique d'information à part entière ». S'ouvre désormais « une période de consultation » de « six mois », au cours de laquelle toute personne intéressée pourra contribuer à la définition même de cette politique, lors de débats aux niveaux européen, national et local ou dans le cadre de fora virtuels. Les journalistes, eux, s'interrogent sur l'opportunité de l'idée de créer une agence de presse européenne.
Margot Wallström a présenté les « cinq domaines » du Livre blanc dans laquelle une action sera nécessaire: 1) la « définition de principes communs » d'information et de communication qui pourraient faire l'objet d'une « Charte ou d'un code de conduite » sur une « base volontaire » ;
2) l'appropriation du projet européen par les citoyens à travers l'amélioration de « l'éducation civique » (qui relève, certes, de « la responsabilité nationale ou régionale, mais où l'UE peut apporter une aide ») et l'établissement de « liens entre les citoyens eux-mêmes et avec les institutions européennes » ; 3) « la fourniture d'un meilleur service pour les médias » en modernisant la chaîne de télévision Europ by Satellite (EbS) car Mme Wallström estime que « les institutions européennes doivent être mieux équipées » et disposer de plus de ressources ; 4) une meilleure « compréhension de l'opinion publique européenne », qui passe par la collaboration avec plus de « professionnels » notamment dans le domaine de la recherche académique ; 5) le « partenariat » entre tous les acteurs (institutions et organes de l'UE, États membres et autorités locales, société civile organisée, partis politiques).
Interrogée sur le sort réservé aux propositions de créer une agence de presse européenne ainsi qu'un Institut européen de formation de maîtres d'écoles inscrites dans une version provisoire du Livre blanc, Margot Wallström a indiqué que « ces idées sont toujours présentes dans le Livre blanc », mais que « le choix de la méthode reste ouvert ». Elle a souhaité rassurer les journalistes inquiets de la concurrence que pourrait signifier une agence de presse européenne pour leur travail: « Il s'agit d'un malentendu. Nous souhaitons simplement moderniser ce qui existe déjà. Si nous avions deux fois plus de personnes pour EbS, nous pourrions raconter de plus belles histoires. L'idée n'est pas de faire de la concurrence, mais de faire plus que des photos de famille ». Pour les actions en matière d'éducation civique, le Livre blanc propose d'examiner la meilleure manière de réunir les professeurs européens, « par exemple au moyen d'un réseau, d'un programme spécial au sein de structures existantes comme le Collège d'Europe, ou au sein d'une nouvelle structure, afin d'échanger des idées et des méthodes novatrices d'éducation civique ».
D'autres changements sont également intervenus entre les versions provisoire et définitive du Livre blanc. La proposition de lancer une initiative européenne en faveur de la lutte contre la fracture numérique a disparu: le Livre blanc suggère simplement qu'une « table ronde européenne pour la démocratie » pourrait rédiger un « rapport sur les technologies de l'information et la démocratie en Europe ». S'agissant de la transparence, la Commission ne dit plus qu'une représentation plus équilibrée des groupes d'intérêt serait souhaitable: elle rappelle qu'elle a amélioré ses méthodes de consultation et qu'elle a lancé une initiative spécifique sur la transparence. « La Commission souhaite que le Conseil s'ouvre davantage », a ajouté Margot Wallström interrogée par la presse sur l'attitude du Conseil. « Sans la participation active des institutions européennes et des États membres », cette initiative ne pourra pas marcher, a-t-elle averti.
Interrogée sur la proposition de nommer des ambassadeurs de bonne volonté parmi l'élite culturelle, académique et sportive européenne, Margot Wallström a dit qu'elle rencontrera la semaine prochaine plusieurs « ambassadeurs » potentiels.
La Commission consacre une rubrique spéciale au Livre blanc sur son site Internet Europe (http: //europa.eu.int/comm/communication_white_paper/).