Bruxelles, 01/02/2006 (Agence Europe) - Pour impliquer davantage les députés nationaux dans les travaux de l'Union européenne et les débats intéressant son devenir, « il faut sortir de la logique du tout Bruxelles ». C'est ce qu'a déclaré en substance, mercredi à quelques journalistes, à Bruxelles, Jürgen Trittin, ancien ministre vert allemand de l'Environnement, devenu président du groupe des Verts au Bundestag (et coordonnateur politique du groupe de travail compétent notamment pour les droits de l'homme, la politique de développement, la défense et l'Europe).
A l'occasion d'une visite d'élus verts du Bundestag au Parlement européen, M. Trittin a expliqué la volonté du Bundestag de resserrer ses liens avec le PE, et son intention de créer, dans les locaux du Parlement européen à Bruxelles, un bureau de liaison dans lequel siégerait un représentant de chaque groupe politique du Bundestag.
Pour Rainder Steenblock, porte-parole des Verts au Bundestag, le débat sur la Constitution européenne témoigne, si besoin en est, de la nécessité d'une plus grande coopération du parlement allemand avec Bruxelles. « Nous voulons intensifier cette coopération (…). Il faut mener des débats politiques au bon moment plutôt que de se plaindre après », a-t-il déclaré. Selon lui, le Bundestag est informé beaucoup trop tard des stratégies de la Commission européenne ; quant à ses commissions parlementaires, leur travail s'effectue sur « de vieux documents souvent largement dépassés ». Et c'est ce déficit qu'il convient de combler. Jürgen Trittin a souligné l'importance d'intervenir à temps dans le processus législatif, en déclarant: « Quand j'étais ministre de l'Environnement, avant chaque Conseil, je fournissais à la commission environnement du Bundestag l'ordre du jour et les priorités, et la manière dont je les traitais. Il y a quelque chose à améliorer du point de vue institutionnel ».
Cela permettra notamment d'éviter que les députés nationaux ne prennent conscience des implications de la législation européenne qu'au moment de la transposer en droit interne.
Pour Rebecca Harms, élue européenne des Verts/ALE, le projet du Bundestag est plus que bienvenu. « Notre volonté est que les parlements nationaux s'impliquent davantage dans les travaux du Parlement européen pour remédier au manque de transparence. Nous nous réjouissons de cette initiative du Bundestag », a-t-elle commenté. Le bureau de liaison du Bundestag à Bruxelles devrait être créé dans le courant de l'année.