Bruxelles, 11/01/2006 (Agence Europe) - Le service de presse de l'Alliance des Démocrates et des Libéraux pour l'Europe (ALDE) vient de publier la traduction française d'une déclaration commune que huit députés européens avaient publiée le 18 décembre dernier dans la Gazeta Wyborcza sur la situation politique en Pologne après les élections législatives et présidentielles de 2005 et sur le futur rôle du pays dans l'UE. Ces huit députés européens appartiennent tous à des partis politiques aujourd'hui relégués dans l'opposition: quatre membres du Parti Démocratique (DP) appartenant à l'ALDE (l'ancien ministre des Affaires étrangères Bronislaw Geremek, l'ancien ambassadeur auprès de l'UE et négociateur de l'adhésion Jan Kulakowski, Janusz Onyszkiewicz et Grzyna Staniszewska) et quatre membres du Parti social-démocrate polonais appartenant au Parti Socialiste Européen (PSE): l'ancien ministre des Affaires étrangères Dariusz Rosati, Genowefa Grabowska, Jozef Pinior et Lidia Geringer de Oedenberg. Les députés, qui critiquent « les tendances populistes » apparues au cours des campagnes électorales polonaises en 2005, mettent notamment en garde le nouveau Premier ministre Kazimierz Marcinkiewicz et le nouveau président Lech Kaczynski contre un changement fondamental de la politique européenne de la Pologne. « Il ne faut en aucune façon réduire la signification primordiale de l'Union européenne dans la stratégie politique polonaise, car aucune autre institution internationale ne saurait remplacer celle-ci », affirment-ils. Selon eux, la politique étrangère de la Pologne doit être en ligne avec les principes de l'UE, « et il est incompréhensible que le parti au pouvoir (Prawo i Sprawiedliwoœæ, Droit et Justice: Ndlr) insère dans son programme gouvernemental le projet de localiser en Pologne l'une des bases militaires clés de la défense américaine sans consultation avec Bruxelles et nos partenaires européens ». Par ailleurs, « les déclarations publiques des représentants du gouvernement et du parti au pouvoir sont souvent en contradiction avec les principes et les standards de tolérance et d'égalité obligatoires dans l'UE ». La Pologne doit être un « partenaire responsable et prévoyant », alors que les premières décisions européennes du nouveau gouvernement ont été « néfastes et compromettantes: tentative solitaire de veto à la directive sur la fusion des banques, rejet (…) sur la réforme du marché sucrier ou inexplicable prise de position lors de l'établissement du budget 2006 », notent les députés, pour qui il faut éviter que la politique européenne polonaise devienne un sujet de « querelle et de marchandage de partis ».