login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 9107
Sommaire Publication complète Par article 16 / 29
INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/pe/communication/alde

La Commission place les citoyens européens au cœur de la stratégie d'information et de communication

Bruxelles, 11/01/2006 (Agence Europe) - Annoncée pour fin 2005, la publication du Livre blanc de la Commission sur la stratégie européenne d'information et de communication a été reportée au début février. Transmis fin décembre au Collège, un rapport d'étape de Margot Wallström, Commissaire en charge des relations institutionnelles et de la stratégie d'information, confirme l'évolution de l'approche de la Commission (voir EUROPE n° 8933 et 8910). La future stratégie devra se concentrer sur les citoyens européens et non plus sur les institutions, et sera soumise à une période de consultation jusqu'à fin juin. Les citoyens européens sont conscients que de nombreuses décisions sont prises au niveau européen, mais ils ont le sentiment qu'ils ne peuvent pas les influencer, note la Commission, pour qui « il est temps que l'Europe », après avoir ouvert des marchés, défini des politiques communes et contribué à la construction de routes et de ponts, « investisse dans la construction d'infrastructures démocratiques qui permettront aux citoyens d'échanger leurs vues entre eux et avec les institutions ». Le Livre blanc proposera donc la mise en place d'un espace public européen qui respectera la nature duale de la démocratie européenne - une union des États et une union des peuples - et qui ne remplacera pas les espaces publics nationaux, mais les complétera.

Le Livre blanc proposera cinq axes de travail: définition de principes communs d'information et de communication ; partenariat avec l'ensemble des acteurs concernés aux niveaux européen, national et local ; implication des citoyens européens ; relations avec les médias et utilisation des nouvelles technologies ; compréhension et prise en compte de l'opinion publique. Novatrice, l'idée d'une Charte européenne sur l'information et la communication est soumise à consultation. Cette Charte définirait un cadre aux activités d'information et de communication dans lequel s'inscriraient les politiques aux niveaux européen, national et local ainsi que la société civile. Le Livre blanc dressera une liste d'actions concrètes possibles dépassant les compétences mêmes de la Commission. En font notamment partie la création de programmes innovants d'éducation civique, de bibliothèques numériques européennes, d'un centre européen de formation des enseignants, d'une agence européenne d'information, d'un observatoire européen sur l'évolution de l'opinion publique et des médias. La phase de consultation permettra d'affiner cette liste.

Lors d'un séminaire organisé le 10 janvier par le groupe ALDE du Parlement européen, Margot Wallström a évoqué les priorités du Livre blanc et précisé que « la communication doit devenir une politique de l'Union européenne en tant que telle ». Pour elle, communiquer l'Europe reste encore une question bruxelloise, car il n'y a pas suffisamment d'espaces de débats et les structures manquent au niveau local. « Il faut que les citoyens se sentent interpellés », surtout les jeunes lance-t-elle, en ajoutant: c'est pourquoi « nous sommes à la recherche de cette histoire moderne de l'UE: qu'est-ce qu'on peut dire aux jeunes de 20 ans sur l'Europe ? ». Selon Graham Watson, président du groupe ALDE, « Bruxelles est considéré à la fois comme un grand show burlesque et une puissance interventionniste à l'excès » ; or, il existe bel et bien une démocratie européenne, mais il n'y a pas encore de « démos européen », le peuple ne participant pas. « Tant que les citoyens ne seront pas avec nous, le projet européen s'enlisera », avertit M. Watson. Membre du panel, Reijo Kemppinen, représentant de la Commission à Londres et ancien porte-parole de la Commission Prodi, considère que la popularité de l'UE ne s'améliorera pas si l'on se contente de relancer le débat sur le projet constitutionnel. Dans certains pays, la période de réflexion n'a même pas encore commencé, et il faut donc attendre deux ou trois ans avant de se replonger dans le débat constitutionnel et s'occuper d'abord de communication - communication qui passe avant tout par le plan local et la relance des actions ayant un impact sur la vie quotidienne des citoyens, explique M. Kemppinen. Karel Bartak, correspondant de l'Agence de presse tchèque à Bruxelles, souligne que « l'on ne fera jamais passer un message sans l'aide des médias ». Encore faut-il que ces médias soient indépendants et n'abordent pas les problématiques européennes uniquement sous un angle national, alors que les rédacteurs en chef estiment souvent que les messages demeurent trop complexes et peu intéressants pour le citoyen. Résultat: l'information européenne est traitée de plus en plus comme un spot publicitaire, et « au journal de la télévision publique tchèque on consacre 90 secondes pour parler de REACH !! ». Enfin, constatant que l'UE n'est pas un produit à vendre et qu'il faut revenir sur un débat concernant les raisons mêmes de l'Union, Lousewies van der Laan, élue de Démocratie '66 au Parlement néerlandais (et ancienne parlementaire européenne), avance plusieurs idées: impliquer davantage les parlements nationaux, les médias (surtout la télévision), éviter de parler d'Europe en l'associant à Bruxelles et aux institutions européennes. En outre, selon elle, le Conseil doit cesser de prendre des attitudes « qui donnent une mauvaise image de l'UE ».

Sommaire

AU-DELÀ DE L'INFORMATION
JOURNEE POLITIQUE
INFORMATIONS GENERALES