Bruxelles, 28/12/2005 (Agence Europe) - L'accord conclu à Hong-Kong est une trahison des promesses faites pour le développement et « reflète beaucoup plus les intérêts des pays riches que ceux des pays en développement (PED) », estime dans un communiqué au sujet de la Conférence ministérielle de l'OMC Phil Bloomer, responsable de la campagne Pour un commerce équitable chez Oxfam, avant de poursuivre: « Les maigres progrès réalisés sur certains aspects des négociations agricoles sont plus qu'annulés par les propositions extrêmement nuisibles sur les services et l'industrie ». Quant au paquet de développement, « il s'est réduit comme peau de chagrin pour n'inclure que des promesses creuses en matière d'aide au commerce et une disposition revue à la baisse sur l'accès sans quotas ni droits de douane qui permet aux pays riches d'exclure certains produits vitaux pour les conditions d'existence de millions de pauvres », affirme-t-il. Dans un rapport publié mercredi dernier, Oxfam met en cause « le double langage de l'Union et des Etats-Unis » lors de la Conférence de Hong-Kong qui a été « une occasion manquée de rendre les règles du commerce mondial plus équitables », souligne le directeur général de l'ONG, Jeremy Hobbs. Ce point de vue est partagé par un grand nombre d'ONG dont un millier avait rempli les conditions requises pour assister à la réunion ministérielle. Pour le syndicaliste agricole et leader français du mouvement altermondialiste José Bové, l'OMC est parvenu à « un très mauvais accord ». « Les PED ont été étranglés en permanence. Ils ont subi des pressions énormes pour signer », a-t-il estimé avant d'ajouter: « les pays développés ont fait des concessions d'une médiocrité totale ». Pour l'ONG ActionAid, le compromis sur le paquet développement (qui prévoit que les pays riches octroient aux PMA un accès sans droit de douane ni contingent pour au moins 97% de leurs produits) signifie que les 3% restants permettra aux Etats-Unis et au Japon de bloquer à leurs frontières quelque 400 produits. « En pratique, les pays riches pourront toujours éviter d'ouvrir leur marché aux produits qui comptent véritablement pour les pays pauvres », le textile, le cuir ou certains produits agricoles notamment, déplore l'ONG. En outre, « le monde en développement a été forcé d'avaler la pilule amère d'une ouverture radicale au secteur des services », souligne ActionAid pour qui, dans le secteur de la distribution, les géants américain Walmart et français Carrefour sont les grands gagnants.