Bruxelles, 28/12/2005 (Agence Europe) - Pour le COPA-COGECA (Comité des organisations professionnelles agricoles de l'UE - Confédération générale des coopératives agricoles de l'UE), le compromis atteint par l'OMC à Hong-Kong est « incomplet et biaisé ». « L'Union a encore bougé d'un pas pour satisfaire les exigences de ses partenaires commerciaux, mais nous attendons toujours que nos préoccupations soient prises en compte sur un grand nombre de questions », souligne le COPA-COGECA dans un communiqué. « Beaucoup doit encore être fait pour atteindre un compromis honnête », poursuit-il en précisant les domaines dans lesquels il attend des progrès: - véritable parallélisme entre toutes les formes de subventions à l'exportation ; - phasing-out pour la fin des subventions qui garantisse que les prix et les marchés agricoles ne seront pas « compromis et déstabilisés » ; - résultats sur l'accès au marché « qui n'aillent pas plus loin que l'offre agricole de l'Union du 28 octobre » tout en maintenant la clause spéciale de sauvegarde ; - réduction effective des soutiens internes américains ; - « véritable engagement de démarrer sérieusement » les négociations sur la protection des indications géographiques.
Pour sa part, la CIAA (Confédération des industries agroalimentaires de l'Union) estime que la Conférence ministérielle a progressé « essentiellement sur la concurrence à l'exportation, ce qui soulève de sérieuses inquiétudes quant à l'équilibre général et la cohérence du futur accord » à cet égard. La CIAA regrette par ailleurs « l'absence de toute référence aux disciplines sur les paiements contre-cycliques et les « marketing loans » américains ».
La FTA (Association du commerce international) estime elle aussi que les résultats « décevants ». « Le fait que les négociations se soient focalisées sur l'agriculture a empêché tout progrès sur les questions importantes pour le commerce européen. Un résultat positif du Doha Round est en péril », souligne dans un communiqué le secrétaire général de la FTA, Jan A. Eggert. Le président d'Eurommerce (Fédération des distributeurs, importateurs et détaillants européens), Peter Bernert, note pour sa part que « les résultats de la Conférence de Hong-Kong sont un pas en avant, mais ne constituent pas une percée ». « En 2006, les partenaires à l'OMC devront redoubler d'efforts pour parvenir à des résultats plus ambitieux en matière d'accès au marché pour les biens manufacturés et les services ».
Enfin, Eurochambres (Association des chambres de commerce et d'industrie européennes) déplore un « manque de progrès dans les domaines clés », les biens manufacturés et les services. « Les pays membres de l'OMC ont une fois encore remis à plus tard les décisions les plus importantes dont bénéficieraient à la fois les pays développés et les pays en développement », souligne un communiqué d'Eurochambres dont le président, Christoph Leitl, regrette que « des malentendus sur les propositions de l'Union ont conduit les PED à rejeter des offres dont ils auraient largement tiré profit ».