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Bulletin Quotidien Europe N° 9094
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INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/uem

Le regain de la croissance enregistré au troisième trimestre devrait se poursuivre dans les prochains mois - Inquiétudes sur les effets économiques du vieillissement de la population

Bruxelles, 20/12/2005 (Agence Europe) - L'évolution de la croissance en cette fin d'année est bonne, s'est félicité mardi le Directeur général chargé des affaires économiques et monétaires à la Commission européenne. En présentant le rapport trimestriel sur l'économie de la zone euro, Klaus Regling a estimé que l'activité s'était accélérée au troisième trimestre 2005 avec un taux supérieur à son potentiel (+0,6%), conforme aux dernières prévisions d'automne de la Commission (EUROPE n°9070). Pour le dernier trimestre 2005 et le premier de 2006, la croissance comptera sur des bases solides et sa « composition semble plus encourageante » qu'elle ne l'était encore récemment. Même dans la consommation privée, qui est « toujours assez faible », on a pu constater « des améliorations ces derniers mois », note M. Regling. Ce sont toutefois les investissements qui tirent la demande intérieure vers le haut, observe-t-il, alors que la demande mondiale, essentielle pour la zone euro, continue de se renforcer depuis le début de l'année, en partie suite à la dépréciation de l'euro. Dans l'ensemble, les risques à court terme « semblent plus équilibrés qu'il y a trois mois », souligne aussi le rapport.

Les indicateurs économiques anticipent une croissance solide lors des trois derniers mois de l'année, et la Commission, qui prévoit une hausse des activités économiques entre 0,4% et 0,8% pour les deux prochains trimestres, se veut même sensiblement plus optimiste que dans ses prévisions d'automne. Selon elle, les conditions financières et monétaires favorables sont un élément essentiel de ce regain d'activité. Malgré la hausse récente des taux d'intérêt, ces taux restent « extrêmement bas » sur le long terme, souligne la Commission, qui y voit plusieurs raisons.

L'accélération des investissements a connu un pic inédit qu'on n'avait pas enregistré au cours des cinq dernières années, avec une hausse de 1,6% qui a contribué à hauteur de 0,3% à la hausse du PIB. La consommation continue sa progression depuis le début de l'année avec +0,3% au troisième trimestre, mais reste peu intense, du fait de la confiance toujours faible des consommateurs et de la pression exercée par la hausse des prix (jusqu'à 2,6% en septembre et à 2,4% en novembre). A court terme, la consommation ne devrait pas beaucoup soutenir l'économie, note le rapport, qui constate toutefois que la confiance des ménages pourrait profiter des améliorations constatées sur le marché du travail, avec la baisse du chômage (de 8,6% en 2005 à 8,4% en 2006) et les créations d'emplois.

Sur le plan interne, les risques s'avèrent plutôt équilibrés pour la zone euro, alors qu'au niveau externe, la possibilité de prix du pétrole plus élevés et volatiles incitent plutôt à la prudence. Une amélioration de la confiance pourrait en particulier libérer une partie de la « demande refoulée » (pent-up demand), a indiqué M. Regling. Prenant essentiellement le cas de l'Allemagne en exemple, il a noté que la confiance y était en hausse et que les signes positifs que l'on identifiait dans les perspectives d'automne sont en train de se réaliser. Si la Commission n'a pas pour habitude de réviser les prévisions de croissance entre ses exercices de printemps et d'automne, le Directeur général a indiqué que l'ensemble des instituts économiques relevaient actuellement leurs anticipations économiques pour l'Allemagne en 2006 (de 1,2% à environ 1,6-1,8%, selon lui).

La Commission a aussi analysé l'impact des prix du pétrole sur le niveau général des prix. Outre l'effet direct (qui est visible sur les prix), et les effets de second tour sur les négociations salariales et la fixation des prix (qui sont toujours inexistants à ce stade), la hausse du baril se manifeste aussi d'une manière indirecte. Contribuant à environ un point de pourcentage du taux d'inflation de la zone euro, les effets des prix élevés du pétrole, aujourd'hui relativement stabilisés, risquent ainsi de se matérialiser avec un certain décalage dans le temps. Des pressions indirectes commencent à se faire sentir à mesure que les producteurs répercutent les coûts sur les prix finaux, remarque la Commission, qui juge que ces pressions pourraient s'accentuer en 2006, même si d'ici là les prix du baril restaient à leur niveau actuel.

A plus long terme, la Commission s'est aussi intéressée à l'impact du vieillissement de la population d'ici 2050 sur la croissance et l'emploi (deux travailleurs pour un retraité). La Commission recommande de ne pas tarder pour mettre en œuvre les réformes de Lisbonne et même d'aller plus loin afin d'améliorer le fonctionnement du marché du travail et augmenter la productivité. Même en atteignant les objectifs de Lisbonne en matière de taux d'emploi, l'impact du vieillissement ne pourra être que temporairement limité pour la zone euro, avertit le rapport. En fin de compte, une fenêtre d'opportunité existe jusqu'en 2011, pour entreprendre des réformes structurelles, estime le rapport, alors que les effets du vieillissement domineront après 2017, avec une baisse à la fois de la population en âge de travailler et des personnes employées, même si la trajectoire ne sera pas uniforme pour tous les Etats membres. Les sources de la croissance changeront quant à elles progressivement, pour ne plus reposer, finalement que sur la productivité du travail, au détriment de la contribution apportée par l'emploi. Le potentiel de croissance de la zone euro, qui se situe à environ 2,1% sur la période 2004-2010, devrait ainsi décliner progressivement à 1,7% (entre 2011 et 2030) et 1,2% (entre 2031 et 2050) et entraîner une baisse partielle du niveau de vie après 2012. Les enjeux sont multiples du point de vue des finances publiques et les réponses devront être bien ciblées pour faire face aux défis du vieillissement, souligne la Commission, qui rappelle par exemple l'importance de prolonger la vie active ou d'adapter les politiques de protection sociale. Et de plaider notamment en faveur d'une flexibilité de l'âge de la retraite adaptée à l'espérance de vie.

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