Bruxelles, 22/11/2005 (Agence Europe) - La Commission européenne a adopté mardi une communication sur le multilinguisme, la première du genre. Sous le slogan: « Plus tu connais de langues, plus tu es humain », la communication met en lumière les diverses facettes des politiques de la Commission en matière de multilinguisme et présente une nouvelle stratégie cadre assortie de propositions d'actions spécifiques dans trois domaines distincts: la société, l'économie et les relations avec les citoyens. La Commission, qui a inauguré pour l'occasion un nouveau portail Internet consacré aux langues et consultable dans les 20 langues officielles (http: //europa.eu.int/languages), invite par ailleurs les Etats membres à jouer un rôle actif dans la promotion de l'enseignement, de l'apprentissage et de l'utilisation des langues. D'après une récente enquête Eurobaromètre, la moitié des citoyens de l'Union se disent capables de tenir une conversation dans une langue autre que leur langue maternelle, mais il existe d'énormes différences d'un Etat membre à l'autre, souligne le Commissaire Jan Figel, chargé spécifiquement du multilinguisme. Il relève ainsi que dans certains pays ce taux n'atteint que 30% de la population: « c'est là le problème des Etats membres, ils doivent investir plus dans l'apprentissage des langues », remarque-t-il. Annuellement, au travers des programmes Socrates et Leonardo da Vinci, la Commission investit quelque 30 millions d'euros dans des actions comme la formation, la mobilité des étudiants et des enseignants ou le financement d'échanges de classes afin de favoriser et développer la diversité et les compétences linguistiques. Soulignant par ailleurs l'importance des compétences linguistiques pour la mobilité des travailleurs et la compétitivité de l'économie de l'Union, la Commission annonce qu'elle publiera l'année prochaine une étude sur l'impact de la pénurie de compétences linguistiques sur l'économie européenne. Elle estime aussi qu'il faut faire plus pour renforcer le rôle des industries des langues, qui représentent un chiffre d'affaires de plusieurs millions d'euros et continuent de se développer dans l'UE. Les langues sont importantes aussi pour les relations entre les citoyens et les institutions. Afin de donner aux citoyens un meilleur accès aux informations sur l'Union dans leur propre langue, surtout en ce qui concerne la législation, les procédures et les politiques, la Commission envisage, d'une part, de renforcer le caractère multilingue de ses nombreux sites Internet via la création d'un réseau interne chargé de veiller à la cohérence des pratiques linguistiques de ses services, et de l'autre de mettre en place une politique proactive de communication multilingue en complément de son initiative plus générale visant à améliorer la communication avec les citoyens européens et avec des groupes spécifiques (journalistes, secteur des langues, écoles et universités). Quant aux efforts à réaliser au niveau national, la Commission propose l'adoption de plans d'actions en faveur du multilinguisme, l'amélioration de la formation des enseignants de langues, la mobilisation de moyens nécessaires à l'apprentissage des langues dès le plus jeune âge et le renforcement de l'enseignement des matières par l'intégration d'une langue étrangère.
Rappelant que le Conseil européen de Barcelone avait adopté en 2002 des conclusions soulignant la nécessité de promouvoir l'enseignement d'au moins deux langues étrangères dès le plus jeune âge, la Commission demande aux Etats membres de revoir leurs programmes d'enseignement des langues dans les universités. La Commission envisage aussi la création d'un groupe de haut niveau sur le multilinguisme composé d'experts indépendants qui l'assistera dans l'analyse des progrès réalisés dans les Etats membres. Elle annonce aussi la tenue, prochainement, d'une conférence ministérielle sur le multilinguisme qui permettra aux Etats membres de faire état de leurs avancées en cette matière.