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Bulletin Quotidien Europe N° 9073
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INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/acp/assemblee parlementaire paritaire

L'APP appelle l'UE à ne pas sacrifier le sucre ACP sur l'autel de la réforme, et l'OMC à respecter les objectifs de développement du cycle de Doha

Edimbourg, 22/11/2005 (Agence Europe) - La dixième Assemblée parlementaire paritaire ACP/UE (APP), qui réunit plus de cent députés du Parlement européen et leurs homologues des 79 pays ACP (Afrique/Caraïbes/Pacifique), s'est ouverte le 21 novembre à Edimbourg sur un appel unanime à la prise en compte, par l'UE et par l'Organisation mondiale du commerce (OMC), des intérêts vitaux de pays vulnérables comptant parmi les moins avancés et que la globalisation menace de marginaliser davantage. A la veille de deux échéances majeures pour la défense des intérêts ACP - le Conseil Agriculture de l'UE consacré, à partir de mardi, à la finalisation de la réforme de l'organisation commune du marché du sucre, et la conférence ministérielle de l'OMC à Hong Kong -, les deux coprésidents de l'APP ont d'entrée de jeu exhorté l'UE à ne pas sacrifier les produits de base agricoles ACP sur l'autel de la réforme et des règles du commerce multilatéral en oubliant les objectifs de développement affichés par le cycle de Doha. Rappelons qu'une résolution sur les matières premières agricoles et minières (co-rapporteurs Louis Claude Nyassa et Nirij Deva) figure à l'ordre du jour de l'Assemblée.

Evoquant l'importance vitale du sucre pour l'économie des 18 pays producteurs ACP, Glenys Kinnock (travailliste britannique), co-présidente de l'APP, a appelé à une mondialisation plus équitable, fondée sur la justice commerciale. « La sécurité et la prospérité que nous recherchons dépendent, je crois, du multilatéralisme encadré par des règles. Notre mondialisation est source de prospérité pour certains et de pauvreté massive pour des millions d'autres. La justice commerciale est la clé pour construire la justice et l'équité. Hong-Kong est la dernière chance qui nous est offerte de restaurer la confiance des pays ACP dans le cycle de développement de Doha. Les ACP vont, je crois, exiger une fois de plus la reconnaissance que le coton, le sucre et les bananes sont littéralement des questions de vie ou de mort pour eux », a-t-elle déclaré, convaincue que Doha sera « un test » puisqu'il existe « une véritable solidarité ACP- pays en développement sur cette question ». Personne ne conteste la nécessité d'une réforme du régime du sucre, mais les propositions actuellement sur la table sont, selon Mme Kinnock, « simplement injustes », et « nous n'allons pas du tout dans le sens du mandat de Doha ». Et de faire remarquer que, selon ces propositions, les producteurs européens peuvent compter sur « un paquet généreux » de 1,5 milliard d'euros de compensation et de 4,2 milliards pour la restructuration du secteur, les ACP n'ont pour l'heure comme perspective que « de l'argent virtuel » à hauteur de 40 millions d'euros seulement. « J'espère que les ministres de l'Agriculture entendront nos préoccupations », a insisté Mme Kinnock.

La Jamaïcaine Sharon Hay Webster, qui copréside pour la dernière fois l'APP (le relais sera pris par un député du Gabon), a, pour sa part, appelé l'APP à encourager la Commission et le Conseil de l'UE à prendre les initiatives bilatérales et multilatérales requises pour garantir des prix des matières premières stables et équitables. « Les protocoles (notamment le Protocole sucre: NDLR) ont permis le développement des pays ACP producteurs, car les prix et les revenus avaient été garantis. Mais ce n'est pas seulement une affaire de prix. Il en va de la survie de nos économies », a-t-elle souligné. Mme Webster a par ailleurs exhorté « tous les partenaires du Parlement européen à faire tout ce qui est en leur pouvoir pour faciliter l'adoption des perspectives financières de l'UE et fournir par ce biais les ressources nécessaires au plan d'action pour le sucre ACP ». La coprésidente s'est en outre alarmée de l'impact de la future législation REACH (enregistrement, évaluation et autorisation limitée des produits chimiques) sur les pays ACP fortement dépendants de leurs exportations de produits miniers vers l'UE. Cette future législation européenne pourrait être source de « barrières non tarifaires au commerce qui ne sont pas acceptables », a expliqué Mme Webster, annonçant la teneur d'une résolution d'urgence sur REACH qui sera adoptée par l'APP.

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