Edimbourg, 22/11/2005 (Agence Europe) - A une semaine de l'ouverture de la conférence internationale de Montréal sur les changements climatiques, l'impact socio-économique et le prix humain des catastrophes naturelles qui s'abattent en nombre croissant et à une fréquence accélérée sur la plupart des pays ACP (Afrique/Caraïbe/Pacifique) ont mobilisé, le 21 novembre, les députés de l'Assemblée parlementaire paritaire ACP/UE. Tous ont appelé de leurs vœux une aide accrue de l'UE à ces pays pauvres, premières victimes des catastrophes naturelles qui mettent en péril le développement - catastrophes le plus souvent prévisibles qui ne sont donc pas inévitables car résultant de l'activité humaine, changements climatiques en tête. Fiona Hall (ALDE, Royaume-Uni), co-auteur d'une résolution qui sera votée jeudi, l'a souligné à l'ouverture du débat en précisant que c'est « là le message central » de son rapport, rédigé en collaboration avec Barry Faure (Seychelles). « Echouer à se préparer, c'est se préparer à échouer », a-t-elle averti en citant les propos tenus par le Président du Parlement écossais, George Reid à l'ouverture de l'Assemblée. Tremblements de terre, éruptions volcaniques, tsunamis, empiètement de la mer sur les terres riveraines, glissements de terrain, inondations, ouragans, autres tempêtes violentes, sécheresses, épidémies et fléaux touchant aux récoltes: « tout l'alphabet grec doit y passer si l'on veut nommer l'ensemble des tragédies qui ont frappé la Caraïbe », a déclaré Mme Hall. Pour limiter les effets désastreux des catastrophes liées aux changements climatiques, elle préconise des transferts de technologies propres vers les pays ACP pour une utilisation plus large des sources d'énergie renouvelables et une meilleure efficacité énergétique. Selon elle, d'autres mesures sont possibles, comme une politique de réduction du méthane en provenance de l'agriculture et l'ouverture de négociations internationales sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre pour l'après-2012 (fin de la première période d'engagements du Protocole de Kyoto), des systèmes d'alerte précoce et des plans d'urgence assortis du budget nécessaire. D'autres mesures s'imposent pour lutter contre la déforestation qui aggrave les glissements de terrain, a expliqué Mme Hall en soulignant que l'interdiction du bois abattu illégalement n'en est encore qu'à ses débuts. Prenant pour exemple les tremblements de terre fréquents à Tokyo, Barry Faure (Seychelles) a noté, pour sa part, que les pays riches n'étaient pas aussi vulnérables aux catastrophes naturelles en nombre de morts et de dégâts que les pays pauvres à la démographie galopante. Et les pays les plus affectés par le changement climatique sont ceux qui ont le moins de moyens pour le combattre. Deux constats qui, selon lui, devraient, convaincre que l'éradication de la pauvreté et la prévention des désastres sont étroitement liés. La facilité ACP/UE pour les catastrophes naturelles est une bonne idée, mais sa dotation initiale de 12 millions d'euros n'est pas suffisante, a estimé M. Faure, appelant à négocier à la hausse cette enveloppe financière. Au cours du débat, nombreux députés ont insisté sur l'aide de l'UE à la préparation aux catastrophes naturelles et à l'atténuation de leurs effets sur les Etats ACP (et en particulier les petits Etats insulaires), des ressources additionnelles pour mettre en place un système d'alerte rapide efficace dans les ACP vulnérables et une accélération du rythme des décaissements pour la réhabilitation et la reconstruction des pays dévastés. Le représentant de la Commission européenne s'est dit « très conscient des conséquences économiques et humaines des catastrophes naturelles qui réduisent de 13% les revenus des pays les plus pauvres » et du nombre croissant de catastrophes liées aux changements climatiques. « La Commission travaille, dans le cadre du programme européen pour les changements climatiques (PECC), sur deux axes: améliorer la lutte contre le réchauffement planétaire et aider les pays en développement à s'adapter au changement climatique », a-t-il expliqué. Les demandes qu'elle a reçues pour accroître les capacités régionales ACP lui permettront d'aller de l'avant avec la mise en œuvre de la capacité « catastrophes naturelles ».