Bruxelles, 10/11/2005 (Agence Europe) - Pour commémorer le 10ème anniversaire du processus de Barcelone et souligner son rôle spécifique dans l'instauration du dialogue euroméditerranéen, le groupe socialiste au Parlement européen organise le 11 et le 12 novembre, à Barcelone, une rencontre sur le thème de « l'alliance des civilisations », le thème au coeur de l'initiative récemment lancée par le chef du gouvernement espagnol Zapatero, de nouer une telle alliance entre l'Europe et les pays de la rive sud de la Méditerranée et, plus en général, avec les pays arabes et musulmans. La rencontre doit permettre une évaluation du processus initié il y a dix ans à Barcelone et dont le bilan est marqué par « des réalisations importantes mais aussi des lacunes et des manques », notamment une mise en œuvre et des moyens qui ne sont pas « à la hauteur des ambitions », selon Pasqualina Napoletano et Carlos Carnero. Les deux députés ont souligné mardi devant la presse l'engagement permanent des socialistes européens à assurer le succès de ce dialogue et à faire émerger une « citoyenneté euroméditerranéenne » même s'il n'y a pas encore de « société civile dans le monde arabe ». Selon l'Espagnol Carlos Carnero, la promotion de l'alliance entre civilisations telle que la conçoivent les socialistes, vise à démentir les prédictions, notamment des conservateurs américains, sur un « choc des civilisations », et elle ne passe pas nécessairement par un « dialogue entre religions, mais par un dialogue entre les individus ». L'implication de la société civile est un élément essentiel pour l'Italienne Pasqualina Napoletano qui regrette la fin de la « coopération décentralisée, une expérience exceptionnelle » (abandonnée suite aux affaires qui avaient abouti à la démission de la Commission Santer).
Le groupe socialiste insiste aussi sur la nécessité de renforcer le troisième volet du processus de Barcelone - dialogue sur culture, aspects sociaux et matières humaines, en particulier immigration - trop négligé à son avis. Mme Napoletano et M. Carnero demandent une coopération structurée avec les pays d'origine et de transit, mais en excluant totalement l'idée que l'UE contribue à la création de camps de détention dans les pays de la rive sud, et plaident pour une politique communautaire et l'abandon de toute action bilatérale dans ce domaine. Là, Mme Napoletano a pointé du doigt les pratiques du gouvernement italien et ses « accords secrets » avec Tripoli
Pour les socialistes, l'élément essentiel du bilan de ces dix ans est la création d'une Assemblée parlementaire euroméditerranéenne, qui est à ce jour l'unique institution conjointe dans un dialogue qui demeure institutionnellement non structuré. Or, selon Mme Napoletano, il faut fixer des objectifs institutionnels à un dialogue entre des pays dont les intérêts sont intimement liés et très imbriqués dans tous les domaines de l'activité économique, sociale et culturelle.
Un manifeste devait être adopté à la fin de la rencontre de Barcelone, qui sera ouverte par le président du Parlement européen Josep Borrell, lui-même socialiste espagnol, Martin Schultz, président du groupe PSE et le ministre espagnol des Affaires étrangères, Miguel Angel Moratinos. Des personnalités de la société civile des pays de la rive sud le ministre marocain des Finances, Fathallah Oualalou, participeront à la rencontre, et des Israéliens et Palestiniens devraient aussi s'y côtoyer.