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Bulletin Quotidien Europe N° 9066
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INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/energies renouvelables

La Chine est disposée à porter à 15% la part des énergies vertes dans sa consommation totale d'énergie d'ici 2020 - M. Dimas soutient l'objectif de 25% pour l'Union souhaité par le Parlement

Bruxelles, 10/11/2005 (Agence Europe) - Des industriels et responsables politiques (dont une trentaine de ministres) d'une centaine de pays ont participé les 7 et 8 novembre, à Beijing, à une Conférence internationale sur les énergies renouvelables parrainée par le gouvernement allemand, la Commission européenne et l'ONU, pour donner suite au Sommet mondial sur le développement durable de Johannesburg (2002) et à la Conférence de Bonn sur les renouvelables de 2004. A cette occasion, le vice-ministre chinois au développement et aux réformes, Zhang Guobao, a annoncé que la Chine allait dépenser près de 180 milliards de dollars à l'horizon 2020 pour porter de 7% à 15% la part des énergies renouvelables dans sa consommation énergétique globale. « Les énergies renouvelables, dont l'énergie solaire, l'énergie éolienne et l'énergie hydraulique, contribueront à assurer la Chine une meilleure sécurité énergétique et lui permettront de réaliser des gains substantiels sur le plan économique ainsi que dans son action pour préserver l'environnement et lutter contre la pauvreté », a-t-il assuré. L'engagement chinois en faveur d'une croissance durable sur les plans énergétique et environnemental a ravi le Commissaire européen à l'Environnement, Stavros Dimas, qui a souligné l'importance pour la Chine de réduire sa dépendance vis-à-vis du pétrole et pallier la pénurie mondiale d'énergie. Alors que dans quelques années, la Chine devrait dépasser les Etats-Unis en termes de quantité d'émissions de gaz à effet de serre, M. Dimas s'est dit « absolument convaincu que la situation n'est pas désespérée, car le gouvernement chinois est décidé à prendre les mesures appropriées pour améliorer la situation, et qu'il a déjà mis en oeuvre des mesures qui l'ont effectivement améliorée ». Il s'est notamment félicité que la Chine ait exigé de certaines usines qu'elles réduisent de 46% leurs émissions de dioxyde de soufre et que Beijing accorde un grand intérêt à l'énergie éolienne en installant des éoliennes en bordure de mer et à l'intérieur des terres. Un rapport publié le jour même par China renewable energy industries, European wind energy industry et Greenpeace intitulé « Windforce 12 in China » prévoit que l'énergie éolienne pourrait représenter près de 12% de l'énergie produite en Chine d'ici 2020, devenant ainsi la deuxième source de production d'électricité dans le pays, devant l'hydroélectricité mais restant derrière la production d'électricité à base de charbon.

Concernant l'Union européenne, M. Dimas a apporté son soutien à l'objectif de 25% d'énergies vertes dans la consommation totale d'ici 2020 souhaité par le Parlement dans sa résolution du 3 octobre dernier (EUROPE n° 9040). « Considérant le changement climatique, les questions de sécurité de l'approvisionnement et la volatilité de prix de l'énergie, je pense que l'Union devrait sérieusement envisager l'adoption de cette cible ambitieuse », a estimé M. Dimas, tout en précisant: « néanmoins, ceci est toujours en cours de discussion, et la Commission tirera ses conclusions l'année prochaine » (l'UE, pour l'instant, a fixé un objectif indicatif et non contraignant de 12%). « Aujourd'hui, 6% de l'énergie produite et 12% de l'électricité consommée sont d'origine renouvelable », a rappelé M. Dimas, avant de poursuivre: « si l'on compare la situation à celle d'il y a quelques années, lorsque la part de l'énergie renouvelable était marginale, nous pourrions dire que l'approche communautaire fonctionne (…) et donne des résultats économiques et environnementaux substantiels et sains ». M. Dimas a toutefois rappelé que dans son rapport de 2004 la Commission constatait que la plupart des Etats membres risquaient de ne pas atteindre leurs cibles nationales à moins qu'ils changent de politique, notamment en matière de biomasse encore sous exploitée. Pour aider les Etats membres à y parvenir, la Commission prévoit notamment d'adopter fin novembre un Plan d'action pour la biomasse incluant des idées sur le chauffage d'origine renouvelable, ainsi qu'un rapport sur les plans de soutien au développement des renouvelables qui mettra en avant l'efficacité des systèmes de feed-in tariffs allemand et espagnol. M. Dimas a aussi souligné la nécessité de promouvoir, à côté du développement des renouvelables, l'amélioration de l'efficacité énergétique, pour éviter d'annuler les effets positifs du développement de l'énergie verte du côté offre par une demande énergétique incontrôlée. Dans ce contexte, la Commission veut établir un plan d'action avec des mesures (dans les domaines du transport, du logement et de l'industrie notamment) permettant de réduire la consommation d'énergie à hauteur de 20% d'ici 2020.

En matière de coopération internationale, M. Dimas a rappelé le rôle important joué par l'Union en faveur du déploiement des technologies liées aux énergies renouvelables et du dialogue avec les pays en développement, notamment via la European Union energy initiative (qui a donné naissance à la European Union energy facility dotée d'un budget de 200 millions d'euros) et la plate-forme intergouvernementale lancée en 2002, le Johannesburg renewable energy coalition (JREC).

Dans un communiqué, le Conseil européen de l'énergie renouvelable (EREC) a salué le « signal fort » lancé par la Conférence de Beijing en faveur d'un plus grand engagement pour le développement plus rapide des renouvelables. EREC regrette toutefois que le soutien à la fixation de cibles obligatoires reste insuffisant.

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