Bruxelles, 09/11/2005 (Agence Europe) - La Banque centrale européenne serait prête à ne plus accepter ou reconnaître certains actifs des Etats membres de la zone euro dont la notation par une ou plusieurs agences chargées d'évaluer le risque de solvabilité financière serait inférieure à un A négatif (« A - »), indique le Financial Times de mercredi. A ce stade, la liste de la BCE sur les actifs éligibles comme garantie de remboursement des liquidités ne contient aucun actif dont la notation est inférieure à ce seuil. Dès lors, aucune obligation d'Etat membre n'a été refusée, note le quotidien britannique. La Grèce, dont la notation de simple « A » est la plus faible de la zone euro (la meilleure note possible est « AAA »), mais aussi l'Italie et le Portugal (« AA - » chacun) seraient les plus menacés par un tel changement. En effet, si, dans le cadre de ses opérations sur marché, la BCE n'acceptait plus les obligations des Etats sanctionnés par une note inférieure à « A - », les pays dont les finances publiques (notamment la dette) se dégradent le plus en feraient les frais. Plus la notation d'un pays baisse, plus les taux d'intérêt qu'un gouvernement devra payer pour financer sa dette sont élevés. En laissant au marché, par le biais des agences de notation, le soin de sanctionner les Etats membres les plus dépensiers, la BCE trouverait une parade aux difficultés qu'elle éprouve à remettre ces pays dans le droit chemin du Pacte de stabilité et de croissance par la seule pression politique, juge le FT. Et de souligner qu'une telle approche, qui ne suscite pas forcément le consensus, n'accentuera de toute façon pas la pression sur des Etats membres comme la France et l'Allemagne, qui reçoivent toujours de bonnes notes. La BCE n'a pas confirmé ce changement de politique, qu'elle aurait l'intention de présenter comme un effort en faveur de la transparence, ajoute le FT.
Quant au Commissaire Almunia, il souligne qu'il est « important que les Etats membres respectent les critères de finances publiques saines, et à ce titre, qu'ils assurent des conditions de financement saines », a déclaré mercredi à la presse sa porte-parole, qui a refusé de faire de plus amples commentaires.