Bruxelles, 14/10/2005 (Agence Europe) - « Une fois de plus, la Commission européenne démontre son aveuglement dogmatique », affirme le parlementaire européen Benoît Hamon (PSE, français) suite à la publication du rapport trimestriel sur l'économie de la zone euro (EUROPE n°9043), dans lequel « on trouve cette affirmation sidérante selon laquelle il suffirait de baisser de 3,7% les salaires dans la zone euro pour obtenir, sur trois ans, 1% de croissance en plus ». Selon lui, « alors que l'on constate une crise de la demande intérieure et de la consommation, la Commission européenne propose comme seul remède une contraction considérable du pouvoir d'achat des Européens qui vivent de leur travail ». Cette « prise de position fondamentalement antisociale » constitue « un mépris flagrant de la réalité et de la rationalité économique, au nom d'une croyance quasiment religieuse dans les théories économiques libérales les plus rétrogrades » poursuit-il, en s'exclamant: « Aujourd'hui le projet européen succombe d'overdose libérale ».
Parmi les scénarios prospectifs envisagés par la Commission dans son analyse de l'impact des réformes structurelles sur la croissance figurent aussi bien l'éventualité d'un achèvement du marché des produits que celle d'une baisse des salaires. Dans ce dernier cas, la Commission estime qu'une réduction des salaires de 3,7% est susceptible d'entraîner une hausse de la croissance de 0,41% la première année, de 0,78% la deuxième année et de 1% au bout de trois ans. « La modération salariale stimule les dépenses d'investissement et entraîne une hausse des niveaux de productivité et d'emploi et réduit le chômage, ce qui accroît aussi la consommation privée en dépit de la perte initiale de revenu », indique le rapport. Le 10 octobre, le Commissaire Almunia a expliqué aux ministres des Finances de la zone euro que la modération salariale suivie par Berlin avait largement contribué à renforcer la compétitivité allemande, contrairement à ce qui se passe dans d'autres Etats membres, comme l'Italie.