Bruxelles, 26/09/2005 (Agence Europe) - Dédramatisant la question de l'adhésion de la Turquie à l'UE dans une contribution sur les frontières de l'Europe à l'occasion de la Convention européenne de l'UMP de vendredi et samedi dernier, Hubert Haenel, président de la Délégation du Sénat français pour l'Union européenne, affirme que cette adhésion « n'est pas un problème qui se pose aujourd'hui » car « aujourd'hui, c'est clair, la Turquie ne remplit pas les conditions de l'adhésion » et « aujourd'hui non plus, l'Union n'est pas prête à accueillir la Turquie » (à cause de la « panne » dans la réforme des institutions et de l'incapacité de l'UE à financer « l'extension à la Turquie des grandes politiques communes »). « Où en serons-nous dans dix ou quinze ans ? Personne, non plus, ne peut le dire », poursuit le sénateur français (qui a été un « conventionnel » très actif), en ajoutant: « Mon sentiment est que la vérité sortira des négociations. C'est dans les négociations qu'on va prendre la mesure des problèmes. Et notamment, la Turquie va être amenée à prendre la mesure des transferts de souveraineté qu'elle devra consentir (…). De leur côté, les Etats membres verront se préciser le coût de ce nouvel élargissement (…). Il y a de fortes chances que, de ces longues négociations, sorte (…) une autre solution originale, adaptée aux problèmes particuliers que pose la Turquie (…). La Turquie n'adhèrera pas dans les mêmes conditions que la Slovénie ». Raison pour laquelle M. Haenel ne croit pas qu'il faut « opposer frontalement » adhésion et partenariat privilégié, et juge « vraisemblable qu'au final, la solution retenue tiendra de l'un et de l'autre », qu'il faudra en somme « un costume sur mesure ».
Sur un plan général, l'élargissement paraît « à la fois utile et dangereux, souhaitable et menaçant », estime le sénateur Haenel en insistant: il sera une réussite durable seulement s'il s'accompagne « d'un approfondissement de la même ampleur ». L'élargissement est dans l'intérêt économique de l'Europe, mais il « apparaît comme une menace » pour sa dimension politique, explique-t-il, tout en reconnaissant: « la perspective de l'adhésion est la grande arme de politique étrangère dont dispose l'Union » et si « nous fermions la porte, cette dynamique ne jouerait plus après des Etats qui peuvent aujourd'hui envisager, même dans un avenir très lointain, de rejoindre un jour l'Union ».