Bruxelles, 26/09/2005 (Agence Europe) - Le 23 septembre, à Washington, les ministres des Finances du G7 ont, sans surprise, rappelé leurs préoccupations pour l'évolution des prix du pétrole sur la croissance mondiale, dont les perspectives restent toutefois « positives » (EUROPE n° 9034). Réaffirmant les engagements pris lors du Sommet du G8 de Gleneagles d'annuler la dette multilatérale des pays pauvres très endettés, le G7 a surtout confirmé que les capacités de financement du Fonds monétaire internationale (FMI) et de la Banque mondiale ne seront pas amoindries par cette initiative. « L'économie mondiale, dans son ensemble, continue de croître et les perspectives sont positives pour que la croissance se poursuive », indique le communiqué du G7, qui observe que si « les pressions sur les prix sont contenues (…), les prix élevés de l'énergie, les déséquilibres mondiaux qui vont croissant, et la montée des pressions protectionnistes ont augmenté les risques qui pèsent sur les perspectives » de croissance. Les ministres appellent ainsi « les pays qui ont des capacités de production encore disponibles à augmenter l'approvisionnement de manière soutenue », ce qui passe notamment par des « investissements importants dans l'exploration, la production, les infrastructures énergétiques et les capacités de raffinage ». Pour améliorer le dialogue avec les producteurs, plusieurs ministres du G7, dont le Chancelier de l'Echiquier Gordon Brown, président en exercice du Conseil Ecofin, effectueront par ailleurs des visites dans ces pays d'ici mi-octobre.
Particulièrement inquiet du déficit budgétaire américain, le G7 rappelle toutes les parties à « régler les déséquilibres mondiaux et promouvoir la croissance ». Vendredi, avant le passage du cyclone Rita, le secrétaire américain au Trésor John Snow avait assuré que « l'économie américaine reste sur la bonne voie ». Le FMI estime cependant que les effets des ouragans Katrina et Rita pourraient compliquer la tâche de l'Administration Bush, qui souhaite réduire de moitié d'ici 2009 le déficit budgétaire. Le 24 septembre, Rodrigo Rato, directeur général du FMI, a ainsi déclaré lors de l'assemblée générale de son institution que « les coupes sans précédent dans les dépenses - hors défense - nécessaires pour y parvenir auraient été difficiles à réaliser même avant les ravages provoqués par le cyclone Katrina ».
Concernant la flexibilité des taux de change, le communiqué s'en tient à la ligne suivie depuis Boca Raton, considérant que « les taux de change devraient refléter les fondamentaux économiques » et qu'une « volatilité excessive et des mouvements désordonnés des taux de change sont indésirables pour la croissance économique ». Les ministres ont, comme prévu, salué la décision prise en juillet par les autorités chinoises de « tendre vers une plus grande flexibilité dans leur régime de change » et s'attendent maintenant à ce que « ce système, qui est plus axé sur le marché, améliore le fonctionnement et la stabilité de l'économie mondiale et du système monétaire international ».
De manière quelque peu inattendue, l'avancée principale du week-end aura consacré l'allègement de la dette des pays pauvres les plus endettés. Les ministres des Finances du G7 ont dans un premier temps réaffirmé leur soutien à la décision du G8 en juillet, « tout en s'assurant que la capacité de financement des institutions financières internationales ne sera pas réduite ». Cette dernière précision faite, le projet, qui concerne 40 milliards de dollars de dette des 18 pays les plus pauvres, a été approuvé par l'assemblée générale du FMI et de la Banque mondiale, leurs conseils d'administration devant, sauf improbable revirement, donner rapidement leur aval.