Strasbourg, 07/07/2005 (Agence Europe) - Les députés ont adopté, jeudi à Strasbourg, une résolution sur la commémoration des dix ans du massacre de Srebrenica (Bosnie-Herzégovine) survenu le 11 juillet 1995. Sebrenica, qui avait alors été proclamée zone de sécurité par une résolution du Conseil de sécurité de l'ONU, était tombée aux mains des forces militaires serbes bosniaques et paramilitaires serbes. Celles-ci avaient alors procédé à l'exécution sommaire de plus de 8 000 musulmans bosniaques qui avaient cherché à se mettre en sécurité dans cette zone placée sous la protection de la Force de protection de l'ONU (FORPRONU).
Dans sa résolution, le Parlement condamne le massacre de Srebrenica en soulignant que « cet événement aussi honteux qu'insupportable en Europe doit être considéré à jamais comme le dernier massacre perpétré au nom d'une idéologie ethnique ». Souhaitant honorer comme il se doit le souvenir des victimes de Srebrenica, il rappelle que la « souffrance permanente » des familles des victimes est « encore aggravée » par l'incapacité à traduire en justice les responsables de ces actes. A ce titre, le PE déplore que le président de la Republika Srpska (RS) et le chef des forces serbes bosniaques à l'époque, Radovan Karadžiæ et Ratko Mladiæ, soient toujours en liberté dans la région et invite la RS et la Serbie-Monténégro à prendre des mesures d'urgence pour les localiser et les traduire en justice. Le PE regrette en outre que ces fugitifs bénéficient toujours d'un soutien populaire apparent dans certaines régions, ce qui est « une insulte à la mémoire des victimes et un obstacle majeur à la réconciliation ». Dans ce contexte, le PE exprime son soutien sans réserve au travail du Tribunal pénal international de La Haye pour l'ex-Yougoslavie (TPIY). Il a souligné la nécessité d'assurer la paix et la stabilité dans les Balkans occidentaux et de mettre en œuvre pleinement l'agenda fixé lors du Sommet de Thessalonique en juin 2003 pour atteindre les objectifs du processus de stabilisation et d'association en cours dans ces pays. Le Parlement rappelle que la coopération avec le TPIY demeure un préalable essentiel à la poursuite du processus d'intégration des pays de l'ex-Yougoslavie à l'Union. Le Parlement estime que, s'il a constitué un instrument important du rétablissement de la paix dans la région, l'Accord de Dayton ne constitue plus aujourd'hui un cadre adapté, notamment dans la perspective de l'intégration des pays de l'ex-Yougoslavie dans l'UE. Il appelle le Conseil de l'UE et toutes les parties concernées à soutenir les initiatives visant à aménager cet accord. Il souligne l'importance des politiques de réconciliation et du rôle que jouent les autorités religieuses, les médias et le système éducatif dans le processus de réconciliation. Le Parlement est préoccupé par la situation économique et sociale qui règne en Bosnie-Herzégovine et déplore que les conditions du retour dans leur région des réfugiés et des personnes déplacées à l'intérieur du pays n'aient toujours pas été pleinement mises en place.
Evoquant les séquences vidéo récemment présentées au TPIY montrant l'exécution de sang-froid de six prisonniers civils par des membres du groupe paramilitaire serbe Scorpions, le Parlement salue la réaction du Premier ministre serbe Vojislav Kostunica qui a ordonné l'arrestation des anciens membres de cette unité. Il déplore toutefois que le Parlement serbe n'ait toujours pas adopté un projet de résolution reconnaissant et condamnant formellement le massacre de Srebrenica pour témoigner de la volonté du peuple serbe d'assumer le passé et de contribuer à la réconciliation et au règlement pacifique des conflits dans la région. En outre, les députés regrettent qu'une partie encore importante de l'opinion publique serbe ne reconnaît pas les crimes de guerre commis à l'encontre de civils musulmans.