Bruxelles, 07/07/2005 (Agence Europe) - Dans un discours qu'il a tenu mercredi à Edinburgh à la veille du Sommet du G8, le Commissaire Peter Mandelson (commerce) a lancé un appel aux dirigeants du G8 afin qu'ils « transforment leur conscience personnelle en véritables engagements politiques » en apportant leur soutien en faveur d'une conclusion ambitieuse des négociations de l'OMC sur l'Agenda de Développement de Doha (ADD). La priorité numéro un de l'ADD doit être d'aider l'Afrique à créer les conditions dans lesquelles elle pourra, elle aussi, bénéficier de l'ouverture des marchés et de la libéralisation du commerce mondial (« aid for trade »), a-t-il souligné. Si l'Afrique parvenait à augmenter son volume de commerce mondial de seulement 1%, cela permettrait de générer, chaque année, des recettes qui seraient sept fois plus importantes que l'ensemble des aides que le continent africain reçoit en ce moment.
La priorité commerciale du Sommet du G8 devrait donc être de donner une nouvelle impulsion aux négociations de Doha, a estimé le Commissaire qui réclame que les plus puissants dirigeants de la planète se mettent d'accord à Gleneagles sur quatre principes précis, à savoir: - un meilleur accès aux marchés pour et entre les pays en voie de développement (PVD): M. Mandelson demande notamment que les Etats-Unis, le Japon et le Canada suivent l'exemple de l'UE en adoptant un régime similaire ou identique au régime « Tout sauf les armes » qui accorde aux pays les moins développés de la terre un accès entièrement libre (ni quotas, ni droits) au marché européen ; en même temps, il est important que les PVD réduisent les barrières qui existent dans le commerce entre eux, de manière à permettre le développement de marchés régionaux ; M. Mandelson a aussi plaidé pour une abolition progressive du système des subsides aux exportations agricoles (l'UE a fait des propositions dans ce sens, maintenant il faut que les autres, notamment les Etats-Unis, suivent, estime le Commissaire) ; - une aide au développement plus efficace, davantage ciblée sur l'amélioration des capacités commerciales des PVD, de manière à ce qu'ils puissent effectivement bénéficier des nouvelles opportunités créées par l'ouverture des marchés ; - des règles commerciales plus favorables au développement ; le G8 devrait notamment s'engager à réformer les règles d'origine, de manière à faciliter le commerce des PVD ; - plus de flexibilité dans l'application des règles de l'OMC aux pays en voie de développement ; M. Mandelson soutient l'idée d'établir des arrangements qui permettraient d'exempter temporairement les pays de développement les plus vulnérables de l'application de certaines règles de l'OMC.