Bruxelles, 07/07/2005 (Agence Europe) - La communauté internationale a vivement condamné jeudi les attentats qui ont frappé Londres. Des explosions dans le métro et contre un bus auraient tué plus de 30 personnes et blessé plus de 300. Un groupe inconnu a revendiqué l'attaque au nom d'Al Qaida. Les messages de condoléances, exprimant horreur et détermination à lutter contre le terrorisme, ont afflué de toutes les capitales. Reparti immédiatement pour Londres, alors qu'il présidait le G8 en Ecosse, Tony Blair a été le premier à indiquer qu'il s'agissait d'actes terroristes, soulignant que « notre détermination à défendre nos valeurs et notre manière de vivre est plus grande que la détermination (des terroristes) à tuer et à détruire » .
Les dirigeants du G8, qui ont poursuivi leur réunion, « condamnent absolument ces attaques barbares » et sont « unis dans leur détermination à confronter et vaincre le terrorisme », ont-ils déclaré dans un texte adopté conjointement avec les dirigeants du Brésil, Chine, Inde, Mexique et Afrique du sud, ainsi que les organisations internationales présentes mercredi au Sommet du G8 en Ecosse, à Gleneagles. « Ce terrorisme n'est pas une attaque contre un pays mais contre tous les pays et peuples civilisés partout », ont-ils déclaré, ajoutant qu'ils ne laisseraient pas la violence «changer nos sociétés ou nos valeurs » ni « arrêter le travail de ce Sommet » qui œuvre « dans les intérêts d'un monde meilleur » en luttant contre la pauvreté. « La guerre contre le terrorisme se poursuit », a déclaré le président américain George W. Bush, soulignant que le « contraste ne pourrait pas être plus clair » entre la réunion du G8, qui œuvre à lutter contre la pauvreté et le sida et pour l'environnement, et ceux qui « tuent des innocents ».
Le Haut représentant de l'Union européenne pour la politique extérieure, Javier Solana, a exprimé « sa sympathie et sa solidarité avec la population de Londres et le gouvernement britannique » après cette « attaque effroyable ». Le Parlement européen a observé une minute de silence à midi, après que son président, Josep Borrell a exprimé les condoléances du Parlement aux familles des victimes. Il a évoqué une possible session plénière extraordinaire du Parlement européen, «si la dimension (de l'attentat) le demandait ».
Franco Frattini, vice-président de la Commission européenne chargé de la liberté, la sécurité et la justice, a déclaré que « ces attaques abominables étayent à nouveau la nécessité de renforcer et accélérer la coordination et l'échange d'informations entre les services et forces de l'ordre des 25 Etats membres ». Il a précisé que le 13 juillet la Commission européenne va faire plusieurs propositions prévues après les attentats de Madrid, dont celle d'un mécanisme d'alerte rapide en cas d'attentat terroriste.
« Il est trop tôt pour dire » quelles initiatives pourraient être prises au niveau européen, indiquait jeudi la représentation permanente du Royaume-Uni auprès des institutions européennes. «La priorité est à l'aide aux victimes et à trouver qui a fait cela », a indiqué un porte-parole, refusant d'évoquer la coopération entre Etats membres sur ces attentats, notamment entre services secrets. Un Conseil européen extraordinaire avait été réuni dix jours après les attentats du 11 septembre aux Etats-Unis. Le Conseil Justice et affaires intérieures (JAI) s'était réuni en session extraordinaire huit jours après les attentats qui ont frappé Madrid le 11 mars 2004, tuant 191 personnes. En septembre 2001 puis en mars 2004, les Etats membres s'étaient engagés à prendre des mesures concrètes pour renforcer leur coopération pour la lutte contre le terrorisme. Après avoir été très en retard par rapport aux objectifs qu'ils s'étaient fixés pour ces mesures, les Etats membres ont bien progressé pour l'introduction de ces instruments, dont le mandat d'arrêt européen, qui accélère les extraditions, ou encore la décision-cadre de définition et sanction du terrorisme. Ils avaient adopté après l'attentat de Madrid une « déclaration sur la solidarité contre le terrorisme » dans laquelle ils se sont engagés à agir « conjointement et dans un esprit de solidarité si l'un d'entre eux est la victime d'une attaque terroriste ».
Un porte-parole de l'organisation européenne de police, Europol, a déclaré qu'Europol « apporte son aide aux autorités britanniques dans leur enquête, en transmettant informations et renseignements » via sa task-force contre le terrorisme, qui avait été rétablie l'an dernier après les attentats de Madrid. Cette unité est composée d'une trentaine de personnes, fonctionnaires d'Europol ou détachés par les Etats membres. Au secrétariat général du Conseil des ministres, le centre d'analyse de situation, le SitCen, a depuis le début de l'année une branche consacrée à l'analyse de la menace au sein de l'Union européenne, alors qu'il ne se penchait jusqu'à présent que sur la situation extérieure. Le SitCen reçoit directement des informations sur l'attentat de Londres, transmises notamment à Javier Solana et au coordinateur antiterroriste Gijs de Vries, rappelle-t-on à Bruxelles.
Session plénière du Parlement européen