Bruxelles, 18/05/2005 (Agence Europe) - La flexibilisation du taux de change du yuan a été maintes fois annoncée par Beijing, mais la pression diplomatique et les prises de position du G7 notamment n'ont pas suffi à mener les autorités chinoises à préciser le calendrier des réformes. Dans un rapport au Congrès, le Trésor américain réaffirme ses exigences face aux tergiversations de la Chine, et insiste sur une réévaluation de la monnaie chinoise dans les prochains six mois. Ce rapport biannuel consacré aux taux de change et au commerce indique que le Trésor « suivra de près les progrès sur le marché des changes chinois durant les six prochains mois », en vue de la préparation de son prochain rapport. La formulation choisie dans ce document tranche sensiblement avec les appels répétés du groupe des sept pays les plus industrialisés (Etats-Unis, Canada, Japon, Royaume-Uni, France, Allemagne et Italie), tout en soulignant la nécessité de corriger les déséquilibres mondiaux. Une réduction de ces déséquilibres exige plus de flexibilité des monnaies asiatiques et en particulier de la devise chinoise, mais aussi une croissance plus forte en Europe et au Japon et une augmentation de l'épargne aux Etats-Unis - des fronts sur lesquels les progrès s'avèrent tout aussi lents.
Dans un communiqué de presse, le secrétaire américain au Trésor, John Snow, a appelé la Chine à mettre fin à la rigidité de son taux de change, mais a modéré son discours en précisant: « nous n'appelons pas à un flottement total immédiat avec des marchés de capitaux totalement déréglementés. (…) Ce serait une erreur à ce stade. Le secteur bancaire de la Chine n'est pas prêt ». Il faut, selon John Snow, « une étape intermédiaire qui reflète les conditions sous-jacentes du marché et permette une transition souple - quand cela sera approprié - vers un flottement total ».
Dans un entretien à la chaîne de télévision i-télé, le gouverneur de la Banque de France, Christian Noyer, a déclaré: « j'ai toute confiance que les Chinois réformeront leur politique de taux de change », mais il a estimé, lui aussi, que cela interviendrait « progressivement ».
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