Bruxelles, 18/05/2005 (Agence Europe) - La Commission européenne a décidé mercredi de recommander au Conseil de clore la procédure pour déficit excessif engagée le 2 juin 2004 contre les Pays-Bas. Le déficit néerlandais, qui était à l'époque de 3,2%, a finalement été réduit à 2,3% dès 2004, soit un an avant l'échéance fixée par les ministres des Finances de l'UE. « Le cas des Pays-Bas montre qu'un assainissement budgétaire mis en œuvre avec détermination peut rapidement aboutir à des résultats durables », estime dans un communiqué le Commissaire aux affaires économiques et monétaires, Joaquin Almunia.
Les prévisions de la Commission anticipent en effet une poursuite de la baisse du déficit des Pays-Bas, à 2% en 2005 et 1,6% en 2006. Après la réunion du Conseil Ecofin du 7 juin prochain, qui se prononcera sur la suspension de la procédure contre les Pays-Bas, neuf pays devraient encore faire l'objet d'une procédure pour déficit excessif (Allemagne, France, Grèce, République tchèque, Chypre, Hongrie, Malte, Pologne et Slovaquie). Le Portugal, et surtout l'Italie, pourraient être les prochains concernés. Le collège se prononcera début juin sur le cas italien, a répété le Commissaire Almunia lors de la réunion informelle Ecofin, la semaine dernière à Luxembourg (EUROPE n° 8948). Italie et Portugal présentent d'autant plus de risques pour 2005 que les chiffres pour 2004 sont encore incertains. La Commission prévoit pour l'Italie et le Portugal -3,6% et
- 4,9% de déficit pour 2005, et - 4,6% et - 4,7% pour 2006.
Le ministre italien de l'Economie, Domenico Siniscalco, cité par Reuters, a reconnu mardi devant le Sénat italien qu'il devrait revoir ses prévisions de croissance pour 2005 à la baisse. « Cette prévision (actuellement de 1,2%), bien que récente, n'a pas pris en compte la baisse de la croissance de 0,5% enregistrée au premier trimestre », a-t-il précisé, en admettant que cela nécessitera « très probablement » aussi une révision à la baisse des chiffres des finances publiques pour 2005. « Si la croissance était inférieure de 0,6% (à la prévision actuelle de 1,2%), cela impliquerait (…) un déficit budgétaire d'environ 3,75% du PIB », a ajouté M. Siniscalco. Mercredi, l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) a publié son étude sur la situation économique italienne dans lequel elle constate: « Bien que l'Italie ne soit pas confrontée à une crise immédiate et que des réformes politiques sensibles aient été lancées (par exemple concernant le marché du travail ou les retraites), l'économie reste caractérisée par une graduelle érosion de sa dynamique interne et de sa compétitivité externe, ainsi que par une action toujours insuffisante pour assurer la durabilité des finances publiques ». Et d'appeler à mettre en œuvre les réformes sans délai.