Bruxelles, 21/04/2005 (Agence Europe) - La chaîne de télévision publique allemande ARD est convaincue qu'une solution rapide interviendra dans le contentieux qui l'oppose à la Commission européenne à propos de son système de financement (voir EUROPE n° 8901 et 8921). Tel est le message transmis mardi à Bruxelles par le ministre bavarois Eberhard Sinner, le président de la Conférence de l'ARD Bernd Lenze et le président de l'ARD, Thomas Gruber, lors de la conférence « ARD meets Europe ». M. Lenze a reconnu l'importance de maintenir la pluralité des médias, garante de la diversité culturelle et de la liberté d'expression, une responsabilité qui incombe aujourd'hui aux Länder. Quant à M. Gruber, il a noté: selon la Commission, notre système n'est pas suffisamment clair et transparent en ce qui concerne la séparation des comptes (les règles européennes exigent que les organismes qui reçoivent des subsides de l'Etat pour l'exercice de leur mission de service public aient des comptes séparés pour leurs activités privées: NdlR). Or, notre système est très contrôlé, a-t-il assuré, soulignant sa volonté d'en discuter avec la Commission. A propos des inquiétudes de la Commission quant au financement de services nouveaux (diffusion d'images via les téléphones portables ou sur Internet), les responsables allemands estiment que les chaînes publiques doivent pouvoir suivre l'évolution technologique des moyens de diffusion afin de continuer à garantir aux citoyens l'accès aux contenus, quel que soit le moyen technique de diffusion. La Commissaire Viviane Reding, responsable de la société de l'information, s'est dite, elle aussi, tout à fait confiante en une solution rapide du contentieux: « Nous sommes sur la bonne voie vers une solution raisonnable », a-t-elle estimé. J'ai discuté avec ma collègue Neelie Kroes et nous avons toutes deux réaffirmé la nécessité de garantir une concurrence loyale entre les radiodiffuseurs publics et privés, a-t-elle ajouté. Mme Reding rappelle que ceci ne signifie pas que Bruxelles veut réglementer un secteur qui doit rester de la compétence nationale. Il n'est pas question d'une confrontation entre les Etats membres et la Commission, qui ne demande que plus de transparence, a-t-elle souligné. Mme Reding a aussi rappelé la nécessité de réviser la directive « Télévision sans frontières » (la Commission fera une proposition d'ici la fin de l'année), alors que la société se dirige vers une « convergence digitale ».