Bruxelles, 18/03/2005 (Agence Europe) - La Fédération syndicale européenne des services publics (FSESP) participera à l'euro-manifestation organisée ce samedi à Bruxelles en vue du Conseil européen pour défendre l'Europe sociale, comme la Confédération européenne des syndicats (CES), et pour mettre en garde contre la proposition de la Commission visant à réaménager la directive sur l'aménagement du temps de travail (voir EUROPE du 23 septembre 2004 p.7-8).
« C'est surtout pour ce dernier point que nous allons manifester. Cette proposition est surréaliste », a déclaré à la presse Carola Fischbach-Pyttel, la Secrétaire générale de la FSESP. La proposition présente des risques pour la santé et la sécurité des travailleurs, et « constitue à ce titre, et pour la première fois dans l'histoire de l'UE, un pas en arrière en matière de politique sociale. Cette proposition ne peut tout simplement pas fonctionner. Nos objections sont d'ordre pratique et non pas idéologique », a insisté Mme Fischbach-Pyttel en précisant: « la Commission souhaite y introduire un nouveau concept, celui de « temps inactif sur le lieu de travail » mais n'indique pas comment gérer ce concept ». « Cette directive est cruciale pour le modèle social européen », a estimé le député européen Alejandro Cercas, socialiste espagnol, auteur d'un rapport sur cette question qui, dit-il, « crée un véritable équilibre entre flexibilité et protection de la santé et de la sécurité des travailleurs ». Le rapport Cercas demande ainsi: la suppression graduelle de l'opt-out individuel, pour les Etats membres d'une durée de travail hebdomadaire de 48 heures ; le respect de la jurisprudence de la Cour de justice (arrêt Jaeger) sur le temps de garde (des médecins hospitaliers entre autres) qui doit être considéré comme temps de travail. « J'espère que le PE approuvera ce rapport et que l'on construira ensemble une Europe qui protège les droits de tous dans de bonnes conditions sociales », a conclu M. Cercas. « La stratégie de Lisbonne a pour objectif de créer des emplois de qualité, et d'amener sur le marché du travail 60% de main-d'œuvre féminine d'ici 2010. La directive sur l'aménagement du temps de travail doit aller en ce sens. Le rapport Cercas est une bonne solution de compromis. Nous voulons que le PE donne un message fort sur un compromis acceptable sur cette question », a commenté le travailliste britannique Stephen Hughes. Pour la Secrétaire confédérale de la Confédération européenne des syndicats (CES), Catelene Passchier, il est « essentiel que la clause de l'op-out, qui a été introduite comme mesure temporaire, soit abolie », et il est « scandaleux que la Cour de justice puisse être ainsi ignorée par la Commission ».