Bruxelles, 25/02/2005 (Agence Europe) - La deuxième rencontre de dialogue structuré de la Commission européenne avec les associations européennes et nationales de pouvoirs régionaux et locaux s'est tenue le 24 février, en marge de la session plénière du Comité des Régions (CdR), sous la présidence Peter Straub. Le Président Barroso a présenté le programme de travail de la Commission pour 2005 et ses objectifs stratégiques pour 2005-2009. Les discussions se sont concentrées sur les perspectives financières 2007-2013 et leurs répercussions sur la réforme de la politique régionale, la révision à mi-parcours de la stratégie de Lisbonne et la ratification de la Constitution (EUROPE du 22 février, pp.7-8 et du 25 février, p.10).
En s'adressant à l'assemblée, le Président Barroso a souligné que le Comité « représente un canal de communication privilégié pour restaurer notre relation avec le public ». « L'Europe ne se construit pas seulement à Bruxelles », a-t-il dit, en insistant: « l'intégration européenne est le fait des citoyens eux-mêmes, jour après jour. Elle doit correspondre à leurs aspirations ». M. Barroso a annoncé le lancement d'un partenariat rassemblant les niveaux national, régional et local et la société civile, au sein duquel le CdR serait « un acteur majeur ». Quant à la cohésion territoriale et sociale, il s'est demandé: «Voulons-nous qu'elle reste au cœur du fonctionnement de l'Union, oui ou non ? Voulons-nous avoir la possibilité d'aider les régions les plus faibles, voulons-nous aider les catégories les plus défavorisées, oui ou non ? Cela ne peut pas se faire sans moyens, d'où l'importance de définir des perspectives financières adéquates ».
Les présidents des groupes politiques et des associations européennes ont réagi de manière très favorable à l'intervention de M. Barroso. Ainsi, Isidoro Gottardo (PPE, Italie) a posé le problème du « découplage entre Bruxelles et les citoyens, un fait que les membres du Comité au quotidien vivent, au niveau de leurs communes et régions ». Michel Delebarre (PSE, France) a réitéré la demande du CdR « d'être davantage sollicité dans la phase pré-législative et dans la phase législative, de concert avec le PE. C'est ainsi que l'Europe avancera sur le chemin d'une nouvelle gouvernance ». Pour Kent Johansson (ALDE, Suède), le seul moyen de mesurer le succès d'une politique, c'est de voir si elle a « permis aux personnes de développer leur potentiel dans la société, en favorisant ce développement et en supprimant les obstacles d'ordre bureaucratique mais aussi la pauvreté ».
Au cours du débat, Wim Deetman (Eurocities) a demandé à la Commission de ne pas négliger le réseau des villes « qui réalisent 80% du Pib de l'UE ». Lambert Van Nistelrooij (Association des régions frontalières européennes, ARFE) a souligné l'importance de financer de manière adéquate la politique de cohésion: « un budget équivalent à 1% du PNB n'est pas suffisant », a-t-il estimé, tout comme Peter Winter (Association allemande des collectivités locales) pour qui « 1% ne correspond à aucune logique économique ». Alain Rousset (Assemblée des Régions françaises et membre du CdR) a insisté pour que « les aides d'Etat à finalité régionale ne soient pas remises en cause, sinon notre industrie en pâtira (…) Si on veut maintenir notre compétitivité, sachons être pragmatiques à l'égard de ces aides d'Etat à finalité régionale ». Très applaudi, Claudio Martini (président de la Conférence des régions périphériques maritimes et membre du CdR) a imaginé M. Barroso « au lendemain d'un homérique » Sommet européen de juin 2005: « Vous avez peu dormi mais, la satisfaction du devoir accompli aidant, vous ne résistez pas au plaisir de nous convier à une exceptionnelle deuxième rencontre annuelle du dialogue territorial. Vous avez réussi à convaincre quelques Etats récalcitrants du bien-fondé d'une politique post-2006 qui mette déjà en œuvre les principes de la Constitution, que ce soit sous l'angle de la participation des régions à la vie de l'UE ou sous celui de la cohésion territoriale », a-t-il dit, en ajoutant: « Vous ne pouvez pas résister au plaisir de partager avec nous votre satisfaction: les régions de la convergence ont reçu un rôle plein et actif dans la compétitivité européenne et mondiale, les autres territoires de l'UE sont pleinement associés à l'effort de compétitivité, le budget de la cohésion a été porté 0,45% du revenu national brut, et votre Commissaire à la concurrence Neelie Kroes va engager une révision plus équitable des lignes directrices sur les aides d'Etat à finalité régionale. L'Europe de la compétitivité et du développement durable est lancée: elle n'a pas oublié que, pour réussir, elle devait être juste, crédible et rassembler le plus grand nombre ».
Dans ses réponses, le Président Barroso a notamment: 1) souligné la nécessité « d'articuler la stratégie de Lisbonne avec la compétitivité et les ressources financières: un euro dépensé au niveau local est souvent mieux utilisé qu'un euro dépensé au niveau national. Il faut faire un grand effort pour que les dépenses soient réellement mieux ciblées » ; 2) anticipé que, après mars, « nous aurons une stratégie de Lisbonne avec plus d'énergie et mieux ciblée mais qui garde son équilibre » ; 3) annoncé que dès la prochaine réunion de la Commission, il allait souligner la nécessité de tenir compte, dans les différentes politiques, des « préoccupations régionales et locales » et demander aux Commissaires de « maintenir le contact avec les autorités locales et territoriales ».