Bruxelles, 25/02/2005 (Agence Europe) - Les ministres de l'Agriculture et de la Pêche des Etats membres de l'UE, réunis le 28 février sous la présidence de leur homologue luxembourgeois Fernand Boden, devraient parvenir à un accord politique sur l'envoi, si nécessaire, de navires de l'UE dans les régions d'Asie sinistrées après le passage du raz de marée (EUROPE du 25 février 2005, p.15, sur l'avis du Parlement européen et du 19 février 2005, p.8, sur les discussions des experts du Conseil). En plus du nombre très important de « points divers » soulevés par les délégations, le Conseil aura un débat d'orientation sur le nouveau Fonds européen de développement rural (2007-2013) et les règles de financement de la Politique agricole commune (PAC) durant cette période (EUROPE du 16 février 2005, p.12). Les ministres devraient aussi adopter une proposition technique renforçant les règles d'importation, dans l'UE, des produits du bois. Cette proposition vise à reporter d'un an (jusqu'en mars 2006) les dispositions d'une directive de 2004 imposant que les emballages en bois soient fabriqués à partir de bois rond écorcé. Cette exigence, qui se heurte à une forte opposition des Etats-Unis, est destinée à lutter contre l'introduction d'organismes nuisibles aux végétaux. Le Conseil prendra par ailleurs note des informations du Commissaire européen chargé de la santé et de la protection des consommateurs, Markos Kyprianou, sur les décisions communautaires prises après la confirmation d'un premier cas d'ESB chez une chèvre abattue en France en 2002 (EUROPE du 4 février). En outre, M. Kyprianou rendra compte de sa récente visite à Moscou où il a évoqué les problèmes commerciaux entre l'UE et la Russie dans les domaines phytosanitaires et vétérinaires.
Sécurité alimentaire, santé, sucre, tabac, huile d'olive et céréales: en « point divers », la délégation néerlandaise évoquera l'épidémie de grippe aviaire qui sévit toujours dans le Sud-Est asiatique, alors que le risque pourrait exister d'une mutation du virus entraînant alors une pandémie. La délégation des Pays-Bas demandera qu'un soutien soit apporté aux organisations internationales compétentes.
Dans le contexte de l'augmentation des cas d'obésité chez les jeunes en Europe, la délégation allemande demandera à la Commission d'expliquer où en est son projet de lancer une « plate-forme d'action européenne sur l'alimentation, l'activité physique et la santé ». La Commission sera invitée à préciser le rôle des Etats membres dans cette initiative et à présenter dans les meilleurs délais le livre vert sur l'alimentation et la santé.
L'Allemagne soulèvera le problème du panel de l'OMC qui doit se prononcer, fin juin, sur une plainte des Etats-Unis, du Canada et de l'Argentine contre le « moratoire » de l'UE pour la mise sur le marché des OGM.
La délégation allemande, appuyée par la délégation italienne, fera part de ses critiques au sujet des nombreuses dérogations qui existent en matière d'étiquetage des denrées alimentaires, en ce qui concerne l'obligation d'indiquer le lieu d'origine des aliments préemballés. L'Allemagne invitera la Commission à présenter l'état d'avancement de ses travaux sur l'amélioration de l'indication de la provenance et à proposer des solutions qui tiennent davantage compte des besoins d'information des consommateurs.
L'Espagne évoquera les suites à donner à la rencontre, du 24 janvier, entre le Conseil Agriculture et les pays ACP et les moins avancés (PMA) exportateurs de sucre (EUROPE du 25 janvier 2005).
L'Espagne rappellera aussi les difficultés de mise en oeuvre, chez elle, de la réforme du secteur du tabac d'avril 2004, en particulier en ce qui concerne le transfert de quotas d'un producteur à un autre et la possibilité d'appliquer des niveaux de découplage différents selon les régions et les variétés de tabac. Pour éviter les « courses à la prime » dans ce secteur, l'Italie demandera, de son côté, de prévoir la possibilité d'adopter des mesures de maîtrise des quantités produites.
L'Italie et la Grèce demanderont que l'UE verse rapidement au Conseil oléicole international (COI) sa contribution volontaire de 4 millions d'euros destinée à financer des actions de promotion de l'huile d'olive. Cette contribution communautaire avait été suspendue en 2002 par la Commission après la découverte de problèmes de gestion et de contrôle des fonds du COI. La délégation italienne évoquera aussi les difficultés de mise en œuvre du nouveau dispositif d'aide au secteur des fruits à coque.
La délégation tchèque évoquera la crise de son secteur des céréales (forte chute des prix), et demandera à la Commission de prendre des mesures d'urgence pour remédier à cette situation. La République tchèque, la Hongrie, l'Autriche et la Slovaquie estiment que les mesures adoptées jusqu'ici par la Commission dans le secteur des céréales n'ont pas permis de résoudre la crise des pays dits « enclavés ». Aussi, ces Etats invitent la Commission à prendre sans délai toutes les mesures possibles pour stabiliser le marché céréalier.