Bruxelles, 20/12/2004 (Agence Europe) - Le groupe d'experts des Etats membres sur les questions d'Amérique Latine a décidé la semaine dernière de recommander au Conseil de l'UE un certain assouplissement provisoire (pour six mois) des sanctions diplomatiques que l'UE a mis en place en juin 2003 contre Cuba. En outre, les experts recommandent aux Etats membres d'évaluer, en juin 2005, l'impact que ce changement aura eu sur les relations entre l'UE et le régime cubain et de procéder à un réexamen global de la position commune de l'UE (qui date de 1996) à l'égard de La Havane. Cette nouvelle politique vise à obtenir la libération de tous les prisonniers politiques et à rétablir des relations diplomatiques normales, ont convenu les experts. Le Conseil se prononcera sur ces recommandations en janvier 2005, sous présidence luxembourgeoise, expliquent des diplomates. Le sujet sera très probablement à l'ordre du jour du Conseil "Relations extérieures" des 31 janvier et 1er février, mais il est aussi possible qu'une autre formation du Conseil l'approuve auparavant, sans débat (en point "A").
En ce que concerne la modification des mesures diplomatiques qui avaient été introduites par l'UE en 2003 (après l'arrestation de 75 dissidents, dont certains ont été libérés récemment), les experts proposent concrètement au Conseil de: - intensifier et développer les contacts avec les dissidents politiques et la société civile cubaine; - modifier les règles pour les invitations aux cérémonies et réceptions organisées à l'occasion des fêtes nationales des États membres: alors qu'en juin 2003, il avait été décidé d'élargir ces invitations aux dissidents (ce qui n'a pas plu du tout aux autorités cubaines, qui ont à leur tour mis fin à tout contact avec les représentations des Etats membres sur place), les invitations ne seraient désormais adressées qu'au personnel diplomatique, mais plus aux dissidents, ni aux hauts fonctionnaires cubains; - examiner la possibilité de reprendre les visites à haut niveau à la condition expresse que la question des droits de l'homme soit à l'agenda de chacune de ces visites et, parallèlement, poursuivre les contacts avec les dissidents, sur place. L'UE devrait aussi continuer à faire pression pour la libération de tous les détenus politiques, recommandent les experts aux Etats membres. "Nous avons réaffirmé le consensus de tous les Etats membres sur le fait que les principaux objectifs de l'Union doivent être la libération de l'ensemble des 75 prisonniers politiques et le rétablissement de relations diplomatiques complètes entre les Etats de l'UE et Cuba, qui ont été gelées par la partie cubaine", a commenté un porte-parole de la présidence néerlandaise.
Jeudi dernier, la publication au Journal Officiel du 16 décembre 2004 (C311) d'un "projet de conclusions" du Conseil sur Cuba avait semé la confusion. Dans ce "projet de conclusions", le Conseil, après avoir constaté "l'absence de progrès en termes d'amélioration de la situation des droits de l'Homme", réaffirmait que les mesures diplomatiques adoptées le 5 juin 2003 seront "maintenues", y compris l'invitation faite aux dissidents et aux autres membres de la société civile de participer aux cérémonies organisées par les Etats membres lors de leurs fêtes nationales. Un porte-parole du Conseil a clarifié lundi cette "malheureuse erreur", précisant que le texte publié au JO n'est pas un "projet" de conclusions destiné à une adoption future, mais le texte des conclusions déjà approuvées par le Conseil du 14 juin 2004.