Bruxelles, 20/12/2004 (Agence Europe) - Comme il l'avait demandé à la Présidence néerlandaise, le Président du Conseil italien a pu évoquer vendredi dernier, lors du Sommet européen, ses orientations pour la réforme du Pacte de stabilité et de croissance (PSC). En particulier, Silvio Berlusconi voudrait notamment extraire du calcul du déficit les investissements pour les infrastructures et les dépenses de recherche, et ne pas attribuer au critère de la dette autant d'importance que la Commission souhaiterait lui donner à l'avenir.
Silvio Berlusconi, en parlant à la presse après le Conseil européen, a estimé que sa position avait recueilli un "soutien très favorable" et même une "adhésion complète" de la part de la France, de l'Allemagne et le Royaume-Uni sur la constatation que "lorsque la limite des 3% avait été établie, l'économie était phase de croissance". M. Berlusconi souhaite donc une interprétation plus flexible du PSC et des 3% qui soit "en corrélation avec l'état effectif de l'économie". Minimisant l'impact de la dette, il a estimé que celle-ci "a une incidence seulement en cas d'inflation forte ; or, aujourd'hui elle ne l'est pas". Il a toutefois reconnu qu'il fallait "une baisse continue de la dette", mais a précisé que l'Italie l'avait déjà réduite de 123% à 106% et que "nous prévoyons de passer sous les 100% dans les deux prochaines années". Selon lui, "l'Italie fait partie des pays vertueux et elle entend le rester".
Le Premier ministre luxembourgeois a réagi de manière assez réservée (le débat sur la réforme du Pacte devrait se conclure sous sa présidence, au premier semestre 2005). Lors d'une conférence de presse, Jean-Claude Juncker a déclaré qu'il n'était "pas convaincu" par toutes les propositions italiennes, sans vouloir préciser lesquelles, "car il n'y a pas eu de débat". Les ministres des Finances reviendront sur la question en janvier, lors du Conseil Ecofin (le 18 janvier) afin de parvenir, d'ici mars, à un texte à soumettre aux chefs d'Etat lors du Sommet européen (des 22 et 23 mars).