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Bulletin Quotidien Europe N° 8852
Sommaire Publication complète Par article 27 / 43
INFORMATIONS GENERALES / (eu) pe/inde/environnement

Le Parlement européen demande une enquête indépendante sur la situation à Bhopal, à l'occasion du 20ème anniversaire de "la plus grave catastrophe industrielle de tous les temps" (qui l'incite à soutenir les initiatives de la Commission sur les produits chimiques)

Strasbourg, 20/12/2004 (Agence Europe) - Lors de ses débats d'urgence, jeudi dernier, le Parlement européen a adopté une résolution à l'occasion du vingtième anniversaire de "la tragédie de Bhopal, la plus grave catastrophe industrielle de tous les temps", en rappelant que, dans la nuit du 2 décembre 1984, plus de 35 tonnes de gaz toxiques s'étaient échappés d'une usine de pesticide de la société indienne Union Carbide India Limited (filiale de la multinationale américaine Union Carbide Corporation), en provoquant la mort de plus de 7 000 personnes dans les trois jours suivants, alors que, au cours des derniers vingt ans, entre 15 000 et 30 000 personnes "ont succombé à des maladies liées à l'exposition aux gaz", et que plus de 100 000 personnes exposés au gaz souffrent toujours de maladies chroniques qui les condamnent souvent à l'exclusion, au point d'être considérées comme des "morts vivants". En notant que, depuis le rachat de Union Carbide par Dow Chemicals, les nouveaux propriétaires ont refusé de dépolluer le site et de financer les soins médicaux pour les personnes atteintes, le Parlement demande à la Commission d'étudier comment l'Union pourrait contribuer à la "décontamination totale et définitive du site et, en attendant, à la fourniture d'eau potable". Le Parlement a profité de cette résolution pour affirmer qu'il approuve les propositions présentées par la Commission européenne pour "promouvoir une meilleure information sur les quelque 30 000 substances chimiques utilisées aujourd'hui".

Le Parlement insiste aussi sur une enquête indépendante sur la situation actuelle à Bhopal, "éventuellement sous l'égide de la Commission des droits de l'homme des Nations unies", en signalant en particulier que: - malgré un accord intervenu en 1989 entre Union Carbide et le gouvernement indien prévoyant le versement de 470 millions de dollars pour couvrir toutes les plaintes, cette somme s'est réduite, "après le défraiement des avocats et le versement allégué de pots-de-vin destinés à corrompre des fonctionnaires indiens, à une dérisoire enveloppe de 300 dollars pour chaque victime de la catastrophe, montant qui ne couvre même pas les frais médicaux"; - le gouvernement indien "n'a guère agi pour protéger la population des risques supplémentaires d'exposition et de maladies et n'a toujours pas procédé à l'évaluation des dommages, ni dressé un programme de réparation" et l'Etat du Madhya Pradesh n'a pas non plus accompli son devoir. Si on veut éviter qu'une telle catastrophe se produise de nouveau à l'avenir, "les principes de la santé et de la sécurité sur le lieu de travail doivent être impérativement respectés par toutes les entreprises qui investissent dans les pays en développement", réclame le Parlement.

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