Bruxelles, 20/12/2004 (Agence Europe) - Malgré une croissance inférieure aux prévisions au troisième trimestre 2004, les perspectives pour l'ensemble de l'année en cours et pour 2005 ne sont pas remises en cause, a annoncé Klaus Regling, Directeur général aux affaires économiques et monétaires à la Commission européenne, présentant lundi à la presse les résultats du quatrième rapport trimestriel sur l'économie de la zone euro. Selon M. Regling, les derniers chiffres doivent être interprétés avec prudence. Alors que dans ses prévisions d'automne, la Commission tablait sur une croissance de 0,4% au troisième trimestre 2004, la croissance n'a finalement été que de 0,3%, contre 0,5% lors du trimestre précédent. D'après le document, l'évolution au troisième trimestre découle d'abord du ralentissement des échanges et de la faiblesse persistante de la demande domestique, ainsi que de la hausse historique des prix du pétrole observée en octobre et de l'appréciation de l'euro face au dollar.
Selon le Commissaire Almunia, "une croissance décevante au cours du troisième trimestre en France et en Allemagne, qui compte pour la moitié de l'économie de la zone euro, a attiré l'attention", mais l'activité économique ne s'est pas ralentie partout et s'est même renforcée dans certains pays de la zone euro. Au troisième trimestre, la France et l'Allemagne n'ont enregistré qu'une hausse de l'activité de 0,1%, alors que l'Espagne et l'Italie ont connu des résultats plus positifs. Les résultats du troisième trimestre sont surtout le fruit de la diminution des échanges nets, principalement due à une décélération des exportations. Dans le même temps, si la consommation privée demeure faible, on constate les premiers signes d'une amélioration des investissements, analyse le rapport. "Bien que le tassement de la croissance au cours du second semestre semble indiquer que les risques n'ont pas décru, le scénario de base des prévisions d'automne de la Commission, qui envisage une croissance de 2% cette année dans la zone euro, reste valable", explique M. Almunia.
Malgré une baisse de confiance chez les chefs d'entreprise, les prévisions actualisées pour le dernier trimestre de l'année, comme pour le premier trimestre 2005, se situent entre 0,2% et 0,6% de croissance. D'après M.Regling, on se trouve toujours dans une séquence normale de la reprise, portée par "la demande extérieure, les investissements, l'accroissement du revenu des ménages et la reprise de la demande interne". C'est de cette dernière que dépendra la réalisation ou non des prévisions de croissance, comme le rappelle Joaquin Almunia, en soulignant que la demande interne, qui a enregistré "une nouvelle, quoique légère, accélération au troisième trimestre", reste la "clé de la reprise". L'inflation ne devrait pas retomber sous 2% avant le second semestre 2005, ajoute le Commissaire.
Sur le marché des changes en général, l'appréciation de l'euro n'est pas aussi négative que le suggère son niveau récent face au dollar. D'abord, note le rapport, l'impact de la hausse des prix du pétrole, qui sont libellés en dollars, a pu être absorbé à moindres frais. Ensuite, contrairement à 2002 et au début 2003, l'appréciation de l'euro n'a pas eu lieu par rapport à l'ensemble des monnaies, mais seulement au dollar. Cela incite les auteurs à penser que c'est bien la faiblesse du dollar qui est en cause. De plus, si on tient compte de l'évolution des taux de change et de celle des coûts, le taux de change effectif réel de la zone euro se situe juste au dessus de son niveau moyen entre 1995 et 2004. M.Regling a toutefois réitéré son inquiétude à propos des déficits jumeaux américains. Personne ne s'attend à ce que ces déficits disparaissent rapidement, mais les ministres européens et la Banque centrale européenne ont fait savoir, rappelle M. Regling, que: "le gouvernement américain doit réduire son déficit budgétaire, et nous devons voir de vraies mesures traduisant ses intentions en faits d'ici la fin du mandat de l'administration actuelle" (le rapport est disponible sur: http: //http://www.europa.eu.int/comm/economy_finance/publications/quarterly_report_on_the_euro_area_en.htm ).