Bruxelles, 08/11/2004 (Agence Europe) - Le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) salue l'adoption du Programme de La Haye, vendredi dernier par le Conseil européen mais avertit que "beaucoup reste à faire pour atteindre l'objectif d'un système commun de protection des réfugiés en 2010 tout en aidant les pays en développement à renforcer leurs propres capacités de protection". L'objectif 2010 pour un système d'asile est le principal engagement concret du nouveau programme de 5 ans pour la justice et les affaires intérieures (voir EUROPE du 6 novembre, p.10 et EUROPE/Documents annexé à cette édition).
"La première phase de l'harmonisation européenne de l'asile (lancée en 1999) n'était qu'un début, il faut faire beaucoup plus, dans les frontières de l'UE et en dehors", a déclaré Ruud Lubbers, Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés. M. Lubbers appelle les Etats membres, qui doivent désormais transposer dans leur législation les textes adoptés au cours de cette première phase, à "ne pas harmoniser au niveau du plus petit dénominateur commun permis par les directives, mais à adopter ou conserver des législations nationales qui offrent de meilleurs niveaux de protection des réfugiés". Le HCR rappelle que l'immense majorité des réfugiés se trouvent non pas en Europe mais dans les pays en développement, et salue l'intention de l'UE de développer une politique d'asile hors de ces frontières.
Avec le Programme de La Haye, le Parlement européen a obtenu partiellement satisfaction sur sa principale attente: les politiques d'immigration illégale et de contrôle aux frontières passeront au 1er avril 2005 à la majorité qualifiée et à la codécision avec le Parlement européen, ce qui était déjà acquis pour l'asile. En revanche, pour l'immigration légale, chaque Etat garde son droit de veto et le PE ne sera que consulté. Le président de la commission des libertés publiques, Jean-Louis Bourlanges (ALDE, français) a salué une "victoire pour le Parlement européen, qui sera pleinement associé à l'élaboration de cette politique commune".