Bruxelles, 08/11/2004 (Agence Europe) - L'Union européenne condamne vigoureusement la vague de violence qui a frappé la Côte d'Ivoire le week-end dernier suite aux attaques des forces militaires gouvernementales contre les forces rebelles dans le Nord du pays. Elle s'indigne en particulier de l'attaque de samedi contre des soldats de la paix français à Bouaké qui a fait dix morts et plusieurs dizaines de blessés.
Dès dimanche, Bernard Bot, ministre des Affaires étrangères des Pays-Bas qui préside le Conseil de l'UE, a pris langue téléphoniquement avec le Président ivoirien Laurent Gbagbo pour exprimer son « extrême inquiétude face à des événements violents qui mettent en danger le processus de paix et risquent d'enclencher un nouveau cycle de violence dont la population civile serait la première victime ». Le Président du Conseil de l'UE s'est déclaré particulièrement indigné par l'attaque contre les forces françaises qu'il condamne avec la plus grande fermeté.
Dans une déclaration publiée dimanche, la Présidence néerlandaise précise: « le ministre Bot a souligné que l'envoi de forces armées à travers la zone de confiance par qui que ce soit était inacceptable. Les parties ivoiriennes, sans exception, doivent immédiatement cesser toute opération militaire, respecter sans faille l'accord de cessez-le feu du 3 mai 2003 et coopérer pleinement avec les forces de paix internationales en Côte d'Ivoire. Le ministre a également insisté sur l'importance d'un désarmement immédiat des combattants des différentes factions. Le ministre a déclaré qu'il était impératif que les parties au conflit s'abstiennent de toute violence contre des civils et que le gouvernement ivoirien garantisse la sécurité de tous les ressortissants étrangers. Il a condamné les émissions de radio et télédiffusées incitant la population à participer à des actes de violence à l'encontre de ressortissants étrangers et plus particulièrement des ressortissants français. Le Président Gbagbo s'est déclaré en accord avec les points soulevés par la présidence de l'Union européenne. Il a fait savoir en outre que les élections nationales de 2005 se dérouleraient comme prévu et que les observateurs internationaux seraient les bienvenus ».
Javier Solana, le Haut représentant pour la politique étrangère et de sécurité de l'UE, a publié dimanche une déclaration analogue: « En qualité de témoin des accords de paix, je condamne l'action des forces armées ivoiriennes, qui viole les accords et les résolutions du Conseil de sécurité de l'Onu. L'attaque contre les forces de paix, en particulier françaises, est inadmissible. J'appelle le Président Laurent Gbagbo à arrêter toute opération militaire. Il est responsable de la sécurité de tous les ressortissants européens en Côte d'Ivoire. La situation est cruciale pour les relations entre l'Union européenne et la Côte d'Ivoire ».
L'Union européenne et la CEDEAO devaient traiter de la situation en Côte d'Ivoire lors de la Troïka ministérielle d'Accra (Ghana) ce lundi. Le Président sud-africain Thabo Mbeki, désigné par l'Union africaine comme médiateur et facilitateur d'une solution politique à la crise ivoirienne est, lui aussi, en contact avec la CEDEAO pour préparer la mission qu'il effectuera prochainement en Côte d'Ivoire.