Bruxelles, 19/07/2004 (Agence Europe) - D'après une personne proche du dossier, la Commission s'orienterait vers une "approbation inconditionnelle" à la fusion entre les majors de l'industrie du disque, le japonais Sony et l'allemand BMG. Malgré une communication des griefs sévères, adressés en mai aux deux groupes, la Commission a révisé ses conclusions initiales après l'audition des deux parties en juin (voir EUROPE du 23 juin). Depuis l'ouverture de l'enquête approfondie, en février, la Commission avait manifesté ses inquiétudes face au risque de position dominante collective qui découlerait de cette fusion. La réunion des deux compagnies laissant le marché du disque européen aux mains de quatre majors (Universal, Warner, EMI et Sony-BMG), la Commission craignait qu'avec 80% de parts de marché, celles-ci puissent s'entendre tacitement sur le prix des disques. Après que les conseils de Sony et BMG eurent exposé leurs arguments, et sans doute fait part de leur intention de saisir la Cour en cas de rejet, la Commission a dû réévaluer en interne les preuves dont elle disposait à l'appui de son argumentaire. Considérant qu'il faudrait au moins que des conditions accompagnent une éventuelle autorisation, les opposants à cette opération s'inquiètent et ont fait savoir qu'ils attendraient la décision officielle de ce mardi pour annoncer un éventuel recours devant la Cour de justice. Selon le quotidien Financial Times, l'opération serait accompagnée d'une restructuration qui pourrait conduire à la suppression de 2000 emplois au sein des deux sociétés.