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Bulletin Quotidien Europe N° 8751
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INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/environnement

Le Conseil informel de Maastricht jette les bases d'une action concertée pour la prévention et la gestion en commun des inondations

Bruxelles, 19/07/2004 (Agence Europe) - Melanie Schultz van Haegen, Secrétaire d'Etat aux Transports et à la gestion de l'eau des Pays-Bas, semblait comblée, dimanche, à l'issue de la session informelle du Conseil Environnement: les ministres ont décidé de travailler à une approche commune des inondations en Europe pour mieux les prévenir et les gérer, dans l'intérêt des citoyens et de l'environnement. Cette approche intégrée reposerait sur une coopération entre les Etats membres et une cartographie des risques par bassin hydrographique (voir EUROPE du 13 juillet, p.12).

"Une approche européenne des inondations: c'est nouveau. Jusqu'à présent il existait des enceintes de coopération mais pas d'approche européenne; l'Europe avait un rôle d'arrière-plan après inondation. Nous voulons de la prévention aussi. Je me félicite du fort soutien apporté à la proposition de la Commission. Pour les Pays-Bas, pays souvent qualifié de manière irrévérencieuse, de drain de l'Europe, c'est crucial car nous dépendons beaucoup des pays en amont. L'interdépendance entre l'Allemagne, la Belgique et la France, par exemple, ou des nouveaux Etats membres qui se partagent le Danube, montre bien la nécessité d'une coopération au niveau des bassins versants", a-t-elle déclaré à la presse. Lorsque les rivières sont transfrontières, des plans de gestion des bassins s'imposent, tout comme des cartes de risques accessibles au public, ont estimé les ministres.

Une approche intégrée devrait mettre l'accent sur la prévention, la protection, des mesures d'urgence et de mesures de rétablissement, a souligné la présidente, satisfaite que les ministres aient échangé leurs expériences et réfléchi aux moyens de sensibiliser aussi les citoyens. "Nous devons coopérer plutôt que réinventer la roue. La Commission nous a invités à faire un inventaire des pratiques existantes", a-t-elle déclaré.

Mais le débat a aussi porté sur une stratégie à long terme, qu'exige la prise en compte des effets du changement climatique sur la récurrence croissante des inondations en Europe. La présidente s'est réjouie à cet égard de l'appui exprimé par les ministres à l'idée de plans de gestion des risques dont les éléments clés seraient: - le principe de solidarité; - une approche interdisciplinaire ; - l'intégration avec la directive cadre sur l'eau (qui prévoit l'établissement d'ici à 2009, de plans par bassin hydrographique mais fixe uniquement des normes pour la qualité de l'eau) ; - la quantité d'eau.

Interrogée sur les moyens envisagés pour rallier les agriculteurs à cette approche, la présidente a répondu: "Les agriculteurs prêts à cesser leur activité ou à se déplacer doivent être aidés. Dans les zones habitables, il est très difficile de prendre des mesures car on se heurte à la résistance des populations. Pourtant nous devons assurer la sécurité des citoyens. Il est important de donner de l'espace à l'eau lorsque c'est possible, au détriment de certaines activités ". Plaidant pour la flexibilité des financements, la présidente a jugé envisageable qu'un pays puisse payer pour des infrastructures mises en place dans une autre Etat membre, ou que les mesures en amont produisant des résultats en aval puissent être prises en compte dans l'éligibilité à des fonds communautaires.

Margot Wallström, Commissaire à l'environnement, a ajouté que les nouvelles perspectives financières (2007-2013) prévoyaient déjà un schéma de solidarité grâce au fonds de développement régional, au fonds de solidarité après catastrophes et au fonds de protection civile. "Nous avons de bonnes idées dans notre besace. Nous nous rendons compte qu'il est nécessaire de coordonner la directive cadre avec des plans d'action ciblés sur les crues. La prochaine étape sera de faire en sorte que cette synergie fonctionne et que les responsables travaillent sur des mesures concrètes", a-t-elle déclaré.

A l'ouverture de cette session, le Prince Willem Alexander d'Orange, salué par Mme Schulz van Haegen comme "l'ambassadeur de l'eau le plus éminent des Pays-Bas", avait exhorté les ministres à sortir de la logique nationale inadaptée au problème des inondations et à s'orienter d'urgence vers une approche européenne novatrice. "Les inondations majeures qu'a connues l'Europe récemment (en particulier à l'été 2002: NDLR) ont montré que les Pays-Bas ne sont pas les seuls à faire face au défi que représentent les crues. C'est une question paneuropéenne", avait-il déclaré. Et même un pays aussi expert que le sien en la matière a compris que "construire des digues et renforcer celles qui existent déjà n'est plus la seule solution pour nous protéger contre les inondations". Selon lui, la gestion de l'eau qui se veut moderne doit être pluridisciplinaire: "Les ingénieurs civils doivent travailler en coopération avec les planificateurs en aménagement du territoire, les hydrologistes, les météorologistes, les agriculteurs, les environnementalistes, les économistes, les experts juridiques et même les historiens comme moi. Elle doit aussi ménager de l'espace à l'eau, fonder ses mesures sur les processus naturels et restaurer l'élasticité des systèmes de canalisation d'eau. Et puisque les risques pour la sécurité augmentent et que les eaux ne reconnaissent pas les frontières administratives ou politiques, il faut commencer maintenant à penser et agir en partenariat à l'échelle des bassins de captage de l'eau (…). L'expérience a montré que des mesures locales en un point du bassin de réception peuvent avoir des effets néfastes sur d'autres points, en amont ou en aval. Une approche holistique est donc indispensable".

De meilleures décisions politiques, une meilleure planification, une gestion des risques efficace, de l'innovation dans le développement, ainsi que des activités de protection de l'environnement sont, selon lui, des activités humaines qui peuvent réduire la vulnérabilité des communautés et des sociétés."On ne peut contrôler le vent mais l'on peut ajuster ses voiles", avait-il rappelé.

Son appel a été entendu. La présidente du Conseil a dit son espoir que des conclusions formelles pourront être adoptées lors d'un prochain Conseil Environnement sous présidence néerlandaise, en octobre ou décembre. "Il est temps de prendre nos responsabilités", a-t-elle martelé.

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