Bruxelles, 19/03/2004 (Agence Europe) - Après sa visite à Dublin, où il a exposé au Président du Conseil européen Bertie Ahern ses attentes concernant la relance du processus de Lisbonne (voir EUROPE du 17 mars, p.18), le président de l'Union européenne de l'Artisanat et des Petites et moyennes entreprises (Ueapme) Paul Reckinger réitère ses demandes à l'attention du Sommet Social Tripartite du 25 mars à Bruxelles. Ce Sommet, dont la préparation a été discutée par le Conseil Emploi/Social du 4 mars, aura pour thème "Les nouveaux partenariats pour la réforme" et comprendra quatre volets: croissance économique; compétitivité européenne; adaptation au changement; emploi (voir EUROPE du 5 mars, p.8).
Dans sa contribution au Sommet Social Tripartite, M. Reckinger souligne l'importance, dans le contexte actuel de reprise économique, de consolider l'agenda des réformes de la stratégie de Lisbonne. "Si l'Europe veut devenir son propre moteur de croissance, il faut entreprendre d'urgence au niveau national des réformes concernant le Pacte de stabilité et de croissance, les marchés du travail et les systèmes de protection sociale", estime M. Reckinger. Il réaffirme ainsi la nécessité pour les petites entreprises d'avoir un accès aux financements, et notamment aux micro-crédits. Il plaide pour des réformes en profondeur des marchés du travail (comme le fait le rapport Kok sur l'emploi), essentiellement en matière d'adaptabilité des travailleurs et des entreprises, de flexibilité des formes de travail, de réduction des charges administratives, etc.. M.Reckinger rappelle que les Etats membres doivent réformer sérieusement les systèmes de protection sociale afin de rendre le travail financièrement attrayant tant pour les travailleurs que pour les employeurs. En effet, commente le président, "de nombreux systèmes de protection sociale n'incitent pas vraiment les gens à chercher du travail en raison d'un niveau trop élevé des diverses prestations sociales. Et en plus, les employeurs sont découragés d'embaucher du personnel en raison de coûts salariaux trop élevés. Ceci doit être résolu très rapidement si l'Europe veut créer plus d'emplois de meilleure qualité".
Enfin, dans la perspective de l'élargissement de l'UE, M.Reckinger appelle à la prudence en matière de « nouveaux partenariats pour la réforme », thème central des débats du Sommet Social Tripatite, "nos collègues des dix futurs Etats ne semblant pas en mesure de considérer ces nouveaux partenariats comme une solution à leurs problèmes pour l'instant".