Bruxelles, 19/03/2004 (Agence Europe) - L'ONG Reporters Sans Frontières (RSF) a appelé les députés européens à dénoncer la répression contre la dissidence à Cuba, lors d'une conférence de presse organisée à Bruxelles un an après le début de la vague d'arrestations qui a amené à la condamnation de 75 dissidents, dont 27 journalistes, à des peines allant de 14 à 27 ans de prison. Les intellectuels Zoe Valdés, Fernando Arrabal, Bernard-Henri Levy et l'ancien ministre polonais des Affaires étrangères Bronislaw Geremek participaient à cette conférence, avec des représentantes de l'association des "Femmes et mères contre la répression".
Reporters Sans Frontières a invité les parlementaires à signer une "Déclaration de Bruxelles" dans laquelle ils s'engagent à "réclamer sans relâche la libération (des 75 dissidents) au gouvernement à la Havane". Cette déclaration a été signée par une cinquantaine de députés, dont les présidents des groupes des Verts Daniel Cohn-Bendit et ELDR Graham Watson, la vice-présidente du groupe socialiste Pervenche Berès, ainsi que la radicale italienne Emma Bonino.
Cette démarche a été condamnée par Patsy Sörensen (groupe Verts/ALE, belge), accompagnée du journaliste du Monde diplomatique Hernando Calvo, lors d'une autre conférence de presse. La campagne de RSF est pilotée par "les contre-révolutionnaires immigrés à Miami", a assuré le journaliste en accusant le président de RSF, Robert Menard, de travailler directement avec "le plan de déstabilisation nord-américain".
Le co-président du groupe des Verts, Daniel Cohn-Bendit, a au contraire appuyé la campagne de Reporters Sans Frontières, en soulignant que Mme Sörensen s'exprimait en son nom personnel et que ses opinions "ne reflètent pas les positions du groupe".