Bruxelles, 03/11/2003 (Agence Europe) - C'est à Rome, le 20 novembre, que le Commissaire Philippe Busquin remettra le Prix Descartes 2003 au gagnant choisi parmi les huit groupes de chercheurs déjà désignés lors d'une première sélection effectuée dans un ensemble comprenant pas moins de 230 groupes de scientifiques de 21 pays. La remise du Prix sera précédée par un séminaire-débat sur la mobilité et les carrières scientifiques transnationales, présidé par le président de l'Accademia Nazionale dei Lincei, le professeur Giovanni Corso.
Les huit finalistes sont: (1) Agentcities: ce projet, coordonné par les docteurs Ulises Cortes et Steve Willmott de l'Université polytechnique de Catalogne à Barcelone (Espagne), visait la mise au point d'une nouvelle génération de services informatiques intelligents en utilisant un réseau de 100 organisations dans 11 pays. Il a permis de réaliser un logiciel qui reproduit des réponses humaines et est capable d'accomplir certaines tâches au nom des utilisateurs ; (2) MOB: coordonné par le professeur Alan Morris de l'Université Cranfield à Bedford (Royaume-Uni), ce projet a permis la mise au point d'un nouveau moteur de dessin informatique qui sera utile à la conception de modèle d'ailes raccordées au fuselage pour la construction d'une nouvelle génération d'avions ; (3) MOLS-IN-MOTION: le professeur David Leigh de l'Université d'Edimbourg (Royaume-Uni) a coordonné ce projet qui a permis un progrès majeur dans le domaine des nanotechnologies en décrivant des mouvements submoléculaires qui répondent à des stimuli tels que des impulsions lumineuses ou électriques. L'utilisation de ces moteurs moléculaires pourrait offrir de nombreuses applications, y compris pour une distribution ciblée de médicaments au travers de membranes ; (4) THAMS: le docteur Gerassimos Papadopoulos de l'Institut de géodynamique d'Athènes (Grèce) a coordonné les travaux visant à établir un catalogue de tous les raz de marée survenus en Europe depuis le XVIIème siècle. Ce projet a aussi permis d'établir un système de mesure de l'intensité de ces phénomènes, comparable à l'échelle de Richter pour les séismes ; (5) PLEDD: le professeur Richard Friend de l'Université de Cambridge (Royaume-Uni) a travaillé avec des équipes belge, néerlandaise, allemande et suédoise sur les diodes électroluminescentes à base de polymère (DELP). Les DELP pourraient à l'avenir remplacer les cristaux liquides, avec un gain au niveau des coûts et de la flexibilité des matériaux. On peut ainsi imaginer des écrans de télévision ou d'ordinateur enroulables ; (6) NUTATION: ce projet porte simplement le nom de ce qu'il voulait étudier: les périodes de nutation au cours desquelles l'axe de la terre se déplace sur environ 600 mètres tout en poursuivant sa course autour du soleil. Coordonné par le professeur Véronique Dehant de l'Observatoire royal de Belgique, il a permis d'améliorer considérablement (de 2m à 2-3 cm) la mesure des amplitudes de la nutation. Ce résultat revêt une grande importance pour les missions satellitaires et permettra d'améliorer le positionnement par satellites ; (7) Animalpharm: coordonné par le professeur Adriana Maggi de l'Université de Milan, ce projet a permis d'améliorer la connaissance des oestrogènes dont la carence entraîne des troubles comme la perte de mémoire, l'ostéoporose et des problèmes cardiovasculaires chez la femme ménopausée. Ces nouvelles informations devraient permettre d'améliorer les hormonothérapies de susbstitution ; (8) Eurosecrétase: les travaux coordonnés par les professeurs Bart de Strooper de l'Université Catholique de Leuven (Belgique) et Paul Saftig de l'Université Christian Albrechts à Kiel (Allemagne) ont confirmé le rôle des secrétases dans la production de peptides amyloïdes. L'accumulation de cette dernière substance (résistante aux protéases) sous forme de « plaques séniles » dans certaines parties du cerveau peut ralentir ou bloquer la transmission de certaines informations. Elle intervient en particulier dans la maladie d'Alzheimer. La description du rôle et des possibilités d'inhibition des secrétases devrait permettre d'améliorer le traitement de la maladie d'Alzheimer mais aussi de diverses formes d'amyloses qui peuvent notamment être génétiques ou liées à une affection chronique infectieuse, inflammatoire ou cancéreuse.