Bruxelles, 20/10/2003 (Agence Europe) - Le vice-président de la Convention européenne Jean-Luc Dehaene a évalué les perspectives de la CIG après les travaux de la Convention, à l'occasion d'un déjeuner-débat organisé par la Chambre de Commerce internationale (ICC) Belgique, le Comité belge de l'ICC et la Fédération des entreprises de Belgique (FEB), le 15 octobre à Bruxelles. "Par rapport à la CIG, la Convention est un processus beaucoup plus politique, les institutions européennes (PE, Commission) en étaient membres à part entière ", et les Etats candidats en étaient membres de facto et se sont comportés comme s'ils étaient déjà membres à part entière, a-t-il constaté. "En fait, la Convention est le premier organe de l'Europe réunifiée", a estimé l'ancien Premier ministre belge.
Parmi ses critiques au projet de la Convention: le maintien de la lourde procédure de révision et du mode de financement de l'UE, qui est fondé sur des contributions nationales. Donc, lance-t-il, on se trouve dans une situation où les Etats qui ont beaucoup d'argent ne veulent plus en donner, ceux qui en reçoivent ne veulent pas en recevoir moins, alors que l'élargissement coûte cher. Conclusion: « on court tout droit vers une crise en 2006! ». Quant à la composition de la Commission européenne, Jean-Luc Dehaene a noté que "les petits pays favorisent la visibilité par rapport à l'efficacité", alors que, selon lui, « la meilleure défense des petits pays dans le Collège, c'est d'avoir une Commission forte ».
En mettant en garde contre les risques d'impasse à la CIG, M. Dehaene s'est prononcé pour « une Commission à Quinze » dans laquelle les grands pays perdent un Commissaire (sur les deux dont ils disposent actuellement) et les petits pays perdent un membre à temps partiel.