Bruxelles, 08/10/2003 (Agence Europe) - Au cours du septième Sommet entre l'UE et l'Ukraine, qui a eu lieu, mardi à Yalta, l'Ukraine a été appelée à poursuivre les réformes économiques, politiques et institutionnelles pour se rapprocher de l'UE. Le président du Conseil européen Silvio Berlusconi et le président ukrainien Léonid Koutchma ont approuvé une déclaration commune au terme du Sommet, à laquelle ont contribué le président de la Commission européenne Romano Prodi et le Haut représentant de l'UE pour la PESC Javier Solana. Les deux parties ont également signé un accord renouvelant l'accord de coopération technologique et scientifique entre l'UE et l'Ukraine.
Répétant que l'Ukraine "partageait les valeurs et la civilisation européennes", Silvio Berlusconi a une nouvelle fois déclaré que le pays serait appelé "à devenir un jour membre de l'Union européenne" sans pour autant fixer de date, indique l'AFP. Pour sa part, le président ukrainien a estimé que l'Ukraine "n'était pas prête à intégrer les structures européennes". Tout en faisant état de désaccords sur certains dossiers avec son partenaire européen, M. Koutchma a estimé que ce Sommet représente "un pas en avant dans la perspective de l'élargissement" de l'UE. Interrogé sur l'accord récemment signé entre l'Ukraine, la Russie, le Bélarus et le Kazakhstan, qui vise à créer un espace économique commun et qui a suscité l'inquiétude de responsables européens, Romano Prodi a répondu que le rapprochement entre l'Ukraine et la Russie "ne constituait pas un obstacle". De son côté, Javier Solana a fait part de son inquiétude concernant l'oléoduc ukrainien Odessa-Brody, qui doit normalement acheminer le pétrole brut de la mer Caspienne vers l'Europe, mais que la Russie voudrait utiliser pour acheminer son pétrole vers la mer Noire. M. Solana a également indiqué que les questions relatives à la liberté de la presse avaient été évoquées avec l'Ukraine. L'ONG Human Rights Watch avait demandé aux autorités européennes de faire pression sur l'Ukraine pour obtenir le respect des droits de l'homme (et notamment de la liberté de la presse).
La déclaration commune note que "l'Ukraine a réitéré son objectif stratégique à long terme d'être totalement intégrée à l'UE". Les deux parties ont discuté de la nouvelle politique de voisinage de l'UE après son élargissement ("Wider Europe") et qui vise à faciliter la participation progressive de ces pays au marché intérieur, aux politiques et programmes de l'UE. Néanmoins, la position de l'UE est claire: "Cette initiative doit être vue comme séparée de la question d'une possible adhésion à l'UE". Tout en saluant les progrès réalisés pour mettre en place l'accord de partenariat et d'association, les deux parties soulignent la nécessité d'intensifier les efforts dans certains secteurs. La déclaration se félicite de la création du Conseil d'Etat sur l'intégration européenne et euro-atlantique de l'Ukraine ainsi que de l'aspiration du pays à renforcer ses capacités institutionnelles. La stabilité des institutions pour garantir la démocratie, l'Etat de droit, le respect des droits de l'Homme est "d'une importance vitale" pour le développement de l'Ukraine et l'intensification de ses relations avec l'UE, poursuit la déclaration en notant l'engagement du pays à réformer son système judiciaire et sa capacité administrative, à assurer le développement de la société civile et de la liberté de la presse.
Au niveau économique, la déclaration salue les progrès accomplis par l'Ukraine mais rappelle aussi l'importance d'une réforme du système de taxation et du secteur bancaire. Le gouvernement ukrainien est encouragé à assurer un traitement équitable aux investisseurs étrangers et à mettre fin aux restrictions commerciales. Les deux parties se félicitent de l'augmentation de leurs relations commerciales bilatérales et de la conclusion du protocole sur l'accès à leurs marchés respectifs dans la perspective de l'adhésion de l'Ukraine à l'Organisation mondiale du commerce (OMC). L'UE et l'Ukraine soulignent aussi l'importance d'intégrer leurs réseaux d'infrastructures dans les secteurs de l'énergie et des transports. A ce propos, l'Ukraine a répété son désir de voir étendre le mandat de la Banque européenne d'investissement (BEI). La déclaration souligne également la nécessité de réformer le secteur énergétique ukrainien et de poursuivre l'achèvement de l'oléoduc Odessa-Brody-Prock.
Par ailleurs, l'UE et l'Ukraine insistent sur la nécessité de renforcer leur coopération: - en matière de sûreté nucléaire: afin de calmer les inquiétudes européennes, l'Ukraine a assuré "que les nouveaux réacteurs à Rivne et Khmelytsky, "K2/R4", seront achevés en accord avec les normes de sûreté internationales" ; - dans le domaine environnemental; - dans le domaine de la Justice et des Affaires intérieures (réadmission, immigration, gestion des frontières, crime organisé, lutte contre le trafic en tous genres). Répétant la nécessité de trouver un règlement pacifique au conflit en Transnistrie (république sécessionniste de Moldova), l'Ukraine et l'UE saluent la coopération douanière entre l'Ukraine et la Moldova ainsi que les efforts ukrainiens pour renforcer la sécurité et les contrôles aux frontières avec la Moldova.