Bruxelles, 08/10/2003 (Agence Europe) - La conférence sur "La contribution de la société civile organisée au processus de Lisbonne - Pour une Union plus participative" s'est ouverte, mercredi 8 octobre à Bruxelles, en présence du ministre italien chargé des Politiques communautaires Rocco Buttiglione et du ministre d'Etat irlandais pour les Affaires européennes Dick Roche (voir EUROPE du 28 août p.9).
Inaugurant les travaux, le président du Comité économique et social européen (CESE), Roger Briesch, a déploré que "jusqu'ici le potentiel identifié à Lisbonne n'ait pas encore été totalement exploité" et a reconnu que "même si certains progrès ont été réalisés, la mise en oeuvre de cette stratégie a pris un sérieux retard". Le CESE demande donc, poursuit le président, que "la mise en oeuvre de la stratégie de Lisbonne fasse l'objet d'efforts comparables à ceux fournis en vue d'instaurer le marché unique et la monnaie unique" et invite "les Etats membres, mais également les institutions européennes, les régions, les partenaires sociaux et la société civile dans son ensemble à s'engager davantage en faveur des objectifs de Lisbonne".
Le président Briesch a souligné que l'objectif premier de la stratégie de Lisbonne, qui consiste à faire de l'Europe l'économie de la connaissance la plus compétitive au monde, reste "un concept abstrait réservé à l'élite européenne". Pour Roger Briesch, il est urgent de "faire des efforts pour rebâtir la confiance chez les citoyens européens et créer une vision positive pour l'avenir fondée sur la participation des citoyens, afin de garantir une répartition plus équilibrée de la richesse et des surplus produits par la technologie moderne". Et d'ajouter: « L'approche de Lisbonne doit être ramenée au niveau de notre vie quotidienne (…) Il faut que nous nous efforcions de réaliser une Europe de l'inclusion, de moderniser le modèle social européen et de relever le défi de la mondialisation ». « Cela implique, a-t-il poursuivi, un investissement accru dans le développement d'une société cognitive, dans l'innovation, dans de nouveaux savoirs et dans de nouveaux emplois », bref dans des objectifs qui sont au centre de la stratégie de Lisbonne. Et de conclure: "Ce dont nous avons besoin, ce sont des efforts comparables à ceux déployés en vue d'instaurer le marché unique et la monnaie unique. Nous avons besoin d'un New Deal".
Pour rappel, le CESE a adopté, lors de sa session plénière de février, une résolution relative à la stratégie de Lisbonne dans laquelle il s'inquiétait déjà du retard pris dans la mise en oeuvre de cette stratégie (voir EUROPE du 1er mars, p.17).