Bruxelles, 08/10/2003 (Agence Europe) - Un groupement d'artistes, producteurs et distributeurs de disques ont présenté au Parlement européen une pétition signée par 140.000 consommateurs en faveur d'une réduction de la TVA sur les disques. La Commission européenne avait refusé d'inclure les disques dans la liste des produits et services qui bénéficieront de taux réduit de TVA, présentée en juillet dernier. Selon le Commissaire Frits Bolkestein, les problèmes du secteur de disque sont liés au piratage, non à la TVA.
Lors d'une conférence de presse au Parlement européen, mardi à Bruxelles, le compositeur français Jean-Michel Jarre, a protesté contre cette "réelle discrimination contre la musique par rapport à toutes les autres formes d'expression. C'est une question de vie ou de mort pour l'industrie musicale". "Est-ce que nous considérons en Europe que Shakespeare, Umberto Eco, Nietzche ou Victor Hugo ont une valeur supérieure de 15% à Beethoven, Edith Piaf ou les Beatles", s'est-il interrogé en rappelant que les livres sont soumis à un taux de TVA de 5,5%, contre 15 à 25% pour les disques. Le compositeur était accompagné d'une dizaine d'artistes, dans le cadre de la campagne "Give Music a Break" menée par les auteurs-compositeurs, distributeurs, producteurs de disques.
La France a pris fait et cause pour l'industrie du disque dans le cadre des discussions sur les nouvelles règles TVA, au sein du Conseil. Le ministre français de l'Economie, Francis Mer, n'avait toutefois pas abordé la question lors de la réunion informelle Ecofin de Stresa et n'a fait que "évoquer la question", lors de la réunion de l'Ecofin mardi à Luxembourg, selon une source communautaire.
La France, l'Espagne, les Pays-Bas, le Royaume-Uni, l'Irlande, le Luxembourg, la Belgique et la Grèce demandent que la liste proposée par la Commission soit élargie. L'Allemagne, le Danemark et la Suède s'y opposent fermement, craignant l'impact d'une réduction des revenus fiscaux sur leur situation budgétaire.