Bruxelles, 08/10/2003 (Agence Europe) - En créant les Cined@ys, l'Union européenne veut célébrer la vitalité des cinémas d'Europe mais aussi donner l'envie aux jeunes de regarder des films européens dans les salles, les cinémathèques et la télévision, et de les encourager à découvrir les classiques des cinémas d'Europe autant que les films d'aujourd'hui. "Pourquoi les Cined@ys?", a demandé la Commissaire Viviane Reding à l'occasion du lancement des Cined@ys 2003 (voir EUROPE du 8 octobre p.17). " Parce que, dans l'UE des Quinze, le cinéma européen est fort, avec une production annuelle de 625 longs métrages, 10.000 salles de cinéma et exactement 933 millions d'entrées (tickets de cinéma vendus) en 2002", a-t-elle répondu devant la presse. Mme Reding a toutefois mis en relief le fait que "la progression cinématographique européenne ne se fait pas comme nous le voudrions réellement: en effet, l'évolution se fait sous forme de billets d'entrées pour des projections de films nationaux mais pas pour celles de films européens", a-t-elle explique chiffres à l'appui: en 2003, 30% des entrées au cinéma étaient pour des films européens, contre 23% en 2000. "Il s'agit d'une progression mais nous avons toujours 70% d'entrées pour des films américains", a noté la Commissaire en concluant que "beaucoup reste à faire pour surmonter cette différence, surtout dans les futurs nouveaux Etats membres où il y a un potentiel extraordinaire".
Félicitant et remerciant Mme Reding pour toutes les initiatives qu'elle a prises pour aider le cinéma européen, la cinéaste belge Marion Hansel, productrice notamment de "Nuages" en 2001, a estimé qu'il "faut la volonté de l'Europe pour que le 7ème art puisse survivre" et "tout mettre en oeuvre pour que le cinéma européen revive". Marion Hansel a ainsi insisté sur l'importance d'un accroissement de l'action de la Commission en faveur du cinéma européen, "et surtout en faveur de la production et de la distribution". Son compatriote Alain Bernier, cinéaste producteur entre autres en 1997 de "Ma vie en rose" et qui se situe dans la continuité d'André Delvaux, a expliqué que "en Europe, on peut encore développer une approche artistique du cinéma avec une vision mondiale, ce qui n'est pas le cas aux Etats-Unis où l'on ne parle que de production". Le cinéaste s'est lui aussi félicité d'initiatives telles que les Cined@ys, car "elles nous permettent de faire valoir notre spécificité européenne". "En Europe, il y a une dimension que chacun apporte à travers sa cinématographie, une dimension italienne, espagnole ou grecque", a poursuivi Alain Bernier en ajoutant que toutes ces dimensions formaient l'Europe. Le cinéaste a soulevé le problème du financement du cinéma et appelé à ce que l'on continue à considérer le film "comme un produit exceptionnel et non pas comme un produit commercial".