Bruxelles, 02/04/2003 (Agence Europe) - Le feuilleton Galileo n'en finit pas de rebondir... pour rencontrer de nouveaux obstacles. Après la résolution vendredi dernier du principal blocage, qui opposait l'Italie et l'Allemagne, on s'attendait à ce que l'Agence spatiale européenne (ESA) arrive à un accord définitif ce mercredi sur sa participation au projet européen de système de radionavigation par satellite à couverture mondiale (EUROPE du 1er avril p.14). Or, la réunion de mercredi à l'ESA a finalement été annulée, parce que l'Espagne refuse pour l'instant d'entériner l'accord, explique-t-on à l'ESA. L'Espagne n'est pas satisfaite de la participation au projet de 9% qui lui serait accordée selon l'accord germano-italien, et demande que sa participation s'élève à 10 ou 11%. L'ESA espère que tout pourra être résolu la semaine prochaine, précise un de ses porte-parole. A la Commission, on évoque la date du 9 avril.
La Commission européenne a décidé de reporter à la semaine prochaine le lancement de l'entreprise commune, dans l'espoir qu'un accord sera intervenu à l'ESA entre-temps. Dans ce cas-là, l'entreprise commune pourra être lancée par ses deux actionnaires, la Commission et l'ESA, impliqués à part égale (550 millions d'euros chacun). Face aux blocages à l'ESA, la Commission menaçait depuis plusieurs mois de lancer seule l'entreprise. Le conseil de l'entreprise commune pourrait se tenir dans la foulée de l'accord à l'ESA, pour nommer son directeur. La Commission a proposé l'Espagnol Manuel Gordillo et considérerait avec beaucoup de réticence le candidat mis en avant par l'Allemagne, qui n'aurait pas, selon elle, les qualités requises, indiquent des sources européennes. De plus, selon l'accord germano-italien, le président du consortium privé Galileo industries serait également un Allemand. En janvier déjà, l'Espagne avait été, aux côtés de l'Allemagne, responsable de l'annulation d'un premier accord politique intervenu à l'ESA (EUROPE du 8 janvier p.10).
Mardi, deux députés européens allemands avaient salué l'accord intervenu entre l'Italie et l'Allemagne. La démocrate-chrétienne Brigitte Langenhagen, rapporteur du Parlement sur le dossier, avait constaté que les propositions de compromis allemandes s'étaient longuement "heurtées à un mur" du côté de l'Italie. Galileo doit notamment rendre l'Europe indépendante du système américain GPS, avait-elle indiqué, notant que dans des périodes de crise, comme actuellement, "nous ne savons pas si ou quand le GPS peut être rendu artificiellement imprécis ou même être totalement éteint". Mme Langenhagen, qui avait lancé une pétition au PE en faveur de la poursuite du projet, avait averti que sans un engagement politique clair, "on ne peut pas attendre un engagement de la part de l'industrie". Quant au social-démocrate Ulrich Stockmann, il avait fait valoir que l'impasse était brisée, grâce à la coopération entre l'Allemagne, l'Italie, l'Espagne, la France et le Royaume-Uni, et que la voie était libre pour répondre à beaucoup de défis technologiques "dans la 'old Europe' et dans le monde", faisant allusion aux propos de Donald Rumsfeld sur la "vielle Europe".